Une pétition contre le départ du Mont-Saint-Michel du CMN

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Le Mont-Saint-Michel
Photo : Amaustan (CC BY-SA 4.0)

7/6/26 - Patrimoine - Mont-Saint-Michel - Comme nous l’avions évoqué avec Maryvonne de Saint-Pulgent (écouter le podcast) ou dans notre autre émission, L’Art en une semaine (écouter ici), le Centre des monuments nationaux va perdre le Mont-Saint-Michel, qui sera transféré à l’établissement public du Mont-Saint-Michel, une demande de longue date de la région Normandie. Une décision désastreuse pour le patrimoine sous la présidence d’Emmanuel Macron, une de plus dirions-nous ! Sébastien Lecornu, le premier ministre actuel, est un élu normand, et les raisons sont donc évidentes. Ce transfert ne présente aucun avantage, et aura même des conséquences dramatiques, non seulement pour les monuments gérés par le Centre des monuments nationaux, mais aussi pour le Mont-Saint-Michel lui-même.

Une pétition intersyndicale a donc été lancée [1]. Celle-ci rappelle l’équilibre fragile sur lequel repose le fonctionnement du CMN : les gros monuments les plus visités (le Mont-Saint-Michel donc, l’Arc-de-Triomphe, la Sainte-Chapelle, le Panthéon et la Conciergerie...) rapporte l’argent nécessaire, non seulement à leur entretien et à leur restauration, mais aussi à ceux de monuments moins fréquentés, tels que le château de Carrouges, le château de Jossigny, l’abbaye de Montmajour, le Fort Saint-André, et des dizaines d’autres encore (le CMN en gère pas moins de 110).
Par ailleurs, le CMN dispose à la fois des ressources et des compétences pour assurer la maîtrise d’ouvrage des monuments qu’il possède, ce qui n’est évidemment pas le cas de l’établissement public du Mont-Saint-Michel. Entretenir et restaurer un monument comme l’abbatiale ne s’improvise pas. C’est donc bien tous les monuments gérés par le CMN qui sont mis en danger par Sébastien Lecornu et Emmanuel Macron, dans une décision purement clientéliste.

Rappelons que les châteaux de Chambord et du Haut-Koenigsbourg faisaient naguère partie du CMN, dont ils ont été séparés. Lui retirer un nouveau monument, l’un des plus importants de France, peut faire craindre à terme que ce mouvement se poursuive, menaçant encore davantage le patrimoine appartenant à l’État. Les difficultés que rencontre le château de Chambord (nous en parlions ici) seraient-elles survenues si celui-ci était resté dans son giron ? On peut se poser la question.

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