Un avenir incertain pour la chapelle de l’ancien hôpital de Nevers

Didier Rykner
1. Retable et clôture de chœur de la chapelle
de l’ancien hôpital de Nevers
Photo : D. R.
Voir l´image dans sa page

7/9/09 – Patrimoine – Nevers, ancien hôpital – La vente de bâtiments anciens abritant des centres hospitaliers fait de ce type de patrimoine l’un des plus menacés en France. Même les protections monuments historiques sont parfois insuffisantes, notamment pour ce qui concerne les objets mobiliers [1].

Un nouvel exemple en est donné par l’ancien hôpital de Nevers. Celui-ci, entièrement inscrit à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, conservait dans sa chapelle plusieurs éléments de mobilier classé : une clôture de chœur (ill.1), un groupe sculpté du XVIIIe siècle (Vierge de Pitié avec deux saintes femmes), une Assomption de l’école française du XVIIe siècle, et un tableau de Jean-Baptiste-Marie Pierre (ill. 2), encastré dans un retable créé pour lui au début du XIXe siècle. Pratiquement intacte en 1999 comme en témoigne une photo que nous avons pu consulter, cette toile présente aujourd’hui une grande déchirure dans sa partie inférieure (ill. 2).

2. Jean-Baptiste-Marie Pierre (1714-1789)
L’Invention de la Vraie Croix, 1744
Huile sur toile - 286 x 208 cm
Nevers, chapelle de l’ancien hôpital de Nevers
Photo : D. R.
Voir l´image dans sa page

L’hôpital a été récemment vendu à la société de promotion immobilière Eiffage qui souhaite le transformer en espace commercial et en bureaux, opération dont il faut espérer qu’elle ne le dénaturera pas. La question du devenir du mobilier, notamment du tableau de Pierre, reste cependant entière. Ce dernier vient d’être déposé par le service des Monuments Historiques et entreposé dans un local sécurisé, en attente d’une hypothétique restauration. On ne peut imaginer que ces objets classés ne retournent pas, à terme, dans la chapelle. Le retable dans lequel s’inscrit le tableau de Pierre - et qui n’est d’ailleurs pas protégé - a été construit spécialement pour lui lorsque la toile est arrivée à Nevers sous l’Empire [2].

Cet édifice est évidemment difficile à réutiliser et la société Eiffage souhaite le céder à la municipalité de Nevers comme cela est évoqué dans l’acte d’achat. Nous n’avons pu obtenir de réponse de la mairie quant à son éventuel intérêt pour cette acquisition.

English version

Didier Rykner

Notes

[1Voir par exemple l’Hôpital de Valenciennes sur lequel nous referons bientôt le point.

[2Cette œuvre a été peinte pour l’église Sainte-Croix de Lyon avant d’être probablement saisie à la Révolution, comme nous l’apprend le catalogue de Jean-Baptiste-Marie Pierre, par Olivier Aaron et Nicolas Lesur, à paraître chez Arthéna. Nous remercions Nicolas Lesur pour les informations et les photos qu’il nous a transmises.

Mots-clés

Vos commentaires

Afin de pouvoir débattre des article et lire les contributions des autres abonnés, vous devez vous abonner à La Tribune de l’Art. Les avantages et les conditions de cet abonnement, qui vous permettra par ailleurs de soutenir La Tribune de l’Art, sont décrits sur la page d’abonnement.

Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous.