Réponse à l’article de Peter-Klaus Schuster à propos de la Gemäldegalerie

Didier Rykner
Albrecht Altdorfer
Le Christ en croix, 1526
Huile sur panneau - 28,7 × 20,8 cm
Berlin, Gemäldegalerie
Photo : Gemäldegalerie
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L’argumentation de Peter-Klaus Schuster dans le long article que nous publions dans la page Débats et récemment paru dans Die Welt nous semble biaisée.
Nous sommes en effet d’accord - et manifestement, tout le monde l’est - avec le double objectif, à terme, de réunir les collections de peintures et de sculptures anciennes en agrandissant le Bode Museum sur l’Île aux Musées, et de créer un grand musée du XXe siècle sur le Kulturforum, en s’étendant sur les salles actuellement occupées par la Gemäldegalerie.

Or, l’auteur parle d’un « roque », employant ainsi un terme d’échecs. Sauf que dans ce jeu, le roque de la tour et du roi est simultané et ne se déroule pas entre deux parties. Ce qui sera loin d’être le cas ici.
Penser que l’on peut dans un premier temps mettre en caisse une partie importante des tableaux anciens aujourd’hui accrochés, alors que rien n’est encore prévu sur l’Île aux Musées pour les accueillir nous semble relever d’une grande naïveté.
Et l’affirmation que rien ne sera mis en œuvre avant que le projet ne soit financé n’est pas une réponse adéquate à ceux qui s’inquiètent pour les tableaux anciens. Le financement n’est pas tout : on ne compte pas les projets soi disant financés qui ont finalement capoté ou qui ont mis de nombreuses années à se concrétiser, et la crise financière actuelle rend encore plus hypothétique une telle réalisation.

Si les musées berlinois veulent réellement réaliser ce « roque » que chacun en réalité appelle de ses vœux, il ne peut se faire qu’en construisant d’abord l’extension du Bode Museum, puis en transportant les tableaux de la Gemäldegalerie du Kulturforum au nouveau bâtiment, et enfin en sortant des réserves les tableaux du XXe siècle pour créer enfin le grand musée du XXe siècle.

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