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Petits théâtres de l’intime. La peinture de genre française entre Révolution et Restauration

Bénédicte Bonnet Saint-Georges

Toulouse, Musée des Augustins, du 22 octobre 2011 au 22 janvier 2012.

1. Jean Honoré Fragonard et Marguerite Gérard
L’Élève intéressante
Huile sur toile - 65 x 55 cm
Collection particulière
Photo : Luis Gonzalez
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Le musée des Augustins aborde l’époque chaotique de la fin de la Révolution à la Restauration par le biais de la peinture de genre. Tous les tableaux - certains sont inédits - proviennent exclusivement de collections françaises, publiques et privées ; ce choix, qui met en exergue le dynamisme des amateurs privés, permet de retracer une histoire du goût en révélant les richesses, mais aussi les manques des ensembles réunis.
Le catalogue, dont les essais rappellent le contexte politique, culturel et social de la période, comporte des notices, mais pas d’index hélas ; en outre les tableaux qui illustrent les essais sont privés de légendes, le lecteur se voit donc contraint de les chercher dans le texte.

La visite s’ouvre sur la passion française pour la manière fine des Hollandais du Siècle d’or qui inspirèrent des peintres comme Henri-Nicolas Van Gorp, Marguerite Gérard et Louis-Léopold Boilly. Les peintures de Marguerite Gérard jalonnent tout le parcours [1] et l’œuvre phare de l’exposition est L’Elève intéressante (ill. 1), véritable redécouverte puisque la toile n’avait pas été montrée depuis 1803, quoiqu’elle fût largement diffusée par la gravure. Il s’agit d’un tableau de collaboration entre l’artiste et Fragonard, son beau-frère : celui-ci, selon Carole Blumenfeld, s’est chargé de peindre les animaux, les mains de la jeune femme et son visage, tandis que Marguerite affirme tout son talent dans le traitement des soieries. L’« élève » contemple l’estampe de La Fontaine de l’amour d’après Fragonard, tandis qu’à ses pieds, la boule - motif que l’on retrouve dans plusieurs tableaux - renvoie le reflet du peintre devant son chevalet, à côté de son maître. Une autre de ces œuvres à quatre mains, La Leçon de danse, montre l’influence de Quiringh van Brekelenkam, Hendrick Sorgh ou encore Ter Boch pour la figure de la jeune fille. Notons que les principaux tableaux de collaboration entre les deux artistes sont en mains privées. Le musée conserve quant à lui une œuvre de la main de Marguerite, La Visite, achat de 2005 « à contre-courant de la politique d’acquisition des musées français », souligne Axel Hémery.


2. Henri-Nicolas Van Gorp (1756-1819)
Nina chantant la romance
Huile sur toile - 41 x 33 cm
Toulouse, Musée des Augustins
Photo : Musée des Augustins/D.Martin
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3. Henri-Nicolas Van Gorp (1756-1819)
Ah ! Le voilà !
Huile sur toile - 43,1 x 32 cm
Reims, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée des Beaux-Arts de Reims /C.Devleeschauwer
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Cette exposition est en outre l’occasion de proposer de nouvelles attributions : ainsi Carole Blumenfeld refuse l’attribution à Marguerite Gérard de Nina chantant la romance, également au musée des Augustins, et le rend à Van Gorp (ill. 2). Cet artiste, qui a lui aussi regardé Ter…

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