25/5/23 - Acquisition - Florence, Musée des Offices - En souvenir de son père, Alfredo Moretti, célèbre marchand d’art toscan, Fabrizio Moretti, secrétaire général de la Biennale internationale des Antiquaires de Florence, a offert au Musée des Offices un tableau de Niccolò Betti illustrant la Résurrection (ill. 1).
Jésus s’élève au dessus d’un cercueil ouvert, dans un halo de lumière délimité par des nuages dont la forme en amande rappelle l’iconographie du Christ en majesté dans une mandorle. Il porte l’étendard blanc frappé de la croix rouge et les stigmates sont visibles sur sa main et sur sa poitrine. Le drapé qui cache sa nudité ressemble davantage à un vêtement qu’au linceul dans lequel il était enveloppé. Son auréole coupée par le cadre semble suggérer que la composition était à l’origine plus grande. Autour de lui, le peintre a décliné les différentes réactions des soldats : l’un endormi ignore la Bonne Nouvelle, l’autre terrorisé, ne la comprend pas et se protège de son bouclier. L’identité du troisième personnage, à l’arrière-plan à droite, n’est pas évidente ; il ne porte ni arme ni armure, peut-être est-ce un apôtre. Les couleurs acidulées et les poses recherchées des figures témoignent d’un maniérisme tardif.

Résurrection, vers 1575
Tempera sur bois - 45 x 60 cm
Florence, Musée des Offices
Photo : Offices
Né à Florence, Betti fut l’élève de Michele Tosini, plus connu sous le nom de Michele di Ridolfo del Ghirlandaio, avant de rejoindre Giorgio Vasari avec qui il travailla au décor du Studiolo de François Ier de Médicis au Palazzo Vecchio entre 1570 et 1572, réalisant notamment le Sac de Corinthe.
Vasari peignit à plusieurs reprises la Résurrection du Christ ; le musée de Capodimonte conserve ainsi un tableau peint en collaboration avec Raffaellino del Colle. Raffaellino del Colle est quant à lui l’auteur d’une autre peinture dans laquelle on retrouve le motif du soldat levant son bouclier.

Résurrection, vers 1565 - 1597
Florence, Chiesa di S. Michele Visdomini
Photo : Fototeca Zeri
Niccolò Betti fut aussi influencé au cours de sa carrière par Giovanni Battista Naldini et Francesco Morandini, surnommé il Poppi. Or une Résurrection attribuée à Morandini (ill. 2), présente quelques similitudes avec le tableau des Offices : la pose du Christ est comparable, son apparition dans un halo entouré de nuages également, le geste du soldat qui se protège est identique et son casque semblable à celui des Offices, enfin la figure de l’homme endormi est également visible, placée à gauche et non à droite. L’attribution du tableau au Poppi est néanmoins contestée.
Parmi les autres œuvres de Niccolò Betti aujourd’hui conservées, une belle Adoration des bergers est visible dans l’église de Sant’Agnese à Montepulciano. On retrouve ces visages typiques du peintre avec un menton pointu et un nez effilé, ainsi que ces mains aux longs doigts. L’œuvre de l’artiste est néanmoins restreint et cette acquisition devrait permettre de l’étudier davantage.