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Mannequin d’artiste, mannequin fétiche
Paris, Musée Bourdelle, du 1er avril au 12 juillet 2015.
Après huit mois de fermeture pour d’importants travaux, le musée Bourdelle reprend sa programmation et offre au public une exposition remarquable, initiée par le Fitzwilliam Museum de Cambridge et son conservateur des peintures et dessins, Jane Munro, également auteur du catalogue. Intitulée « Silent Partners » lors de sa présentation en 2014 au Royaume-Uni, cette manifestation associe l’intérêt historique et esthétique du propos à une approche intelligente et sensible, à laquelle concourt une scénographie très séduisante. Aussi silencieux que soient ces partenaires, très particuliers, du peintre, le parcours de l’exposition bruisse de leur présence savamment orchestrée et ces mannequins, qui ont peuplé les ateliers de la Renaissance au XXe siècle, sortent de l’ombre pour une démonstration convaincante. L’exposition ne se limite pas à un historique de la technique d’utilisation des mannequins par les artistes, mais évoque aussi nombre de thématiques. À cet égard, le sujet paraît infini et le mérite des organisateurs est d’avoir su donner une ampleur au sujet, avec suffisamment de rigueur toutefois pour ne pas se perdre. De l’origine du mannequin, petit modèle de bois ou de cire, articulé ou non, utilisé dès le XVe siècle, jusqu’à son perfectionnement en France au XVIIIe siècle, avant une production en série à la fin du XIXe, l’exposition offre une riche documentation et de rares et précieux exemples de ces objets de différentes formes et tailles. Les mannequins utilisés à la Renaissance étaient probablement proches des figures funéraires ou de dévotion, et l’on ne peut que les imaginer, semblables à ces modèles rudimentaires que l’on habillait pour les cérémonies. Peu de mannequins très anciens nous sont en effet parvenus, du fait de leur usage intensif et de leur fragilité. La plupart des figures articulées…