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La Galerie des Glaces : Charles Le Brun maître d’œuvre 9782711854530

David Mandrella

Versailles, Musée national du Château, du 23 septembre au 16 décembre 2007.

1. La Galerie des glaces après restauration
Photo : D. Rykner
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Charles Le Brun n’occupe toujours pas la place qui lui convient dans la peinture européenne du dix-septième siècle. Sa réussite, la confiance que lui accordait Jean-Baptiste Colbert, sa manière de s’imposer et d’exercer dès 1664 un contrôle sur toutes les créations artistiques destinées à la cour ont dérangé les historiens et les irritent encore parfois [1]. Dans ce contexte difficile, Nicolas Milovanovic et Alexandre Maral n’ont pas ménagé leurs efforts pour accompagner la récente et splendide restauration de la Galerie des Glaces d’une exposition intelligente et de nous faire ainsi comprendre l’art de Charles Le Brun à travers des objets bien choisis. Avec beaucoup de soins, ils nous rapprochent patiemment de thèmes et de sujets historiques et mythologiques très éloignés de notre langage et de notre manière de voir. L’exposition se concentre dans un premier temps sur la genèse et la mise en œuvre de la Galerie, commencée en 1678. Une quarantaine de peintures, sculptures, esquisses, dessins, plans et objets d’art ont été choisis telle que la curieuse armure japonaise reproduite sur la voûte. Le matériel rassemblé est riche et varié et les commissaires évitent ainsi tout ennui. La galerie fait en conséquence partie du parcours de l’exposition. Elle a retrouvé ses couleurs d’origine, d’une grande audace, le rouge écarlate, le bleu azur, le vert mousse, le jaune doré. L’ensemble remet en cause des théories artistiques trop souvent répétées présentant Charles Le Brun comme le défenseur de la ligne, hostile aux « Rubénistes » les adeptes de la couleur. Nicolas Milovanovic, déjà auteur du beau livre sur le décor peint des Grands Appartements de Versailles sous Louis XIV paru en 2005, expose cela dans son essai « Charles Le Brun peintre ». Les peintures de la voûte sont, comme il le démontre avec conviction, l’œuvre de plusieurs mains, en partie identifiables. On aurait pu ajouter aux différents noms d’artistes ayant collaboré, celui de Jean-Baptiste Monnoyer pour reconnaître ainsi l’auteur principal du décor floral de la galerie [2]. C’est un plaisir de pouvoir confronter dans la galerie les cartons dessinés préparatoires de l’artiste avec le résultat final, la voûte (un dispositif d’exposition qui a malheureusement été modifié au début du mois de novembre pour des raisons de conservation). Les dessins aux lignes sinueuses, aux effets picturaux surprenants et les peintures du plafond sont habités du même grand souffle lyrique. Charles Le Brun se révèle incontestablement comme le plus grand dessinateur français de la seconde moitié du XVIIe siècle.

2. Charles Le Brun (1619-1690)
La chute des anges rebelles
Huile sur toile - 162 x 129 cm
Dijon, Musée des Beaux-Arts
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La seconde partie de l’exposition est consacrée à « Charles Le Brun, maître d’œuvre » (soit une quarantaine d’œuvres). Alexandre Maral s’en charge…

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