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Château de Pontchartrain (1) : une fiscalité avantageuse pour le démantèlement d’un monument
Dans cette première partie est abordée la question de la vente à la découpe du château de Pontchartrain. Une seconde partie est consacrée au sort de ses collections.
La perspective créée en 1940 au travers du pavillon central sera semble-t-il rebouchée par le promoteur à la demande de la DRAC.
Photo : Alain Janssoone (CC BY-SA 1.0)
Vue du château de Pontchartrain et de ses jardins dus à Le Nôtre (perspective Ouest)
Huile sur toile, 144,5 x 205,5 cm
Vente Sotheby’s, Paris, 19 novembre 2019, lot 18
Vendu avec son pendant pour 212 500 euros (voir ici)
Photo : Sotheby’s
Après le château de Dampierre [1]. c’est au tour du château de Pontchartrain (ill. 1), toujours dans les Yvelines, de perdre sa mémoire, cette fois de façon radicale. Construit aux XVIIe et XVIIIe siècles, il était la maison des Phélypeaux comtes de Ponchartrain et de Maurepas, deux terres mitoyennes situées à 16 km à l’ouest de Versailles. Le château a été classé au titre des monuments historiques, avec son parc clos de murs de 90 ha, en décembre 1979W [2]. Il était, jusqu’à aujourd’hui, encore associé à un domaine de 500 hectares de terres et de bois. En 1992, l’Inspecteur général des monuments historiques Christian Prévost-Marcilhacy considérait que, « malgré les mutilations et leur état actuel d’abandon, le château et le parc de Pontchartrain constituent encore le plus bel ensemble en mains privées de l’Ouest parisien ».
La dislocation de cet ensemble patrimonial immobilier et mobilier révèle d’importantes lacunes de notre politique patrimoniale liées à des évolutions législatives récentes. Le château de Pontchartrain a ainsi fait l’objet de la carte de vœux pour 2020 de l’association Sites & Monuments, diffusée auprès des administrations, de responsables politiques et de parlementaires [3].
Fin du XVIIe siècle
Photo : Médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine
Un château lié à l’histoire de France
En 1609, Paul Phélypeaux (1569-1621) acquiert la seigneurie de Pontchartrain d’Antoine de Frontenac, gouverneur du château de Saint-Germain-en-Laye. Fils cadet du Blésois Louis Phélypeaux de la Vrillière, il fondait ainsi sa propre lignée, celle des Pontchartrain. L’année suivante, en 1610, aboutissement d’une carrière éclair permise par le limogeage du personnel politique compromis avec la Ligue, il devint secrétaire d’Etat de la religion prétendue réformée des rois…