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Charles Gleyre (1806-1874). Le romantique repenti
Paris, Musée d’Orsay, du 9 mai au 11 septembre 2016.
Né en 1808, Charles Gleyre relève incontestablement du Musée du Louvre. Mais une rétrospective consacrée à un peintre « académique » du XIXe siècle n’a aucune chance d’y être présentée hélas, et on doit donc féliciter le Musée d’Orsay de faire une exception à ces césures chronologiques qui sont appliquées souvent trop strictement [1]. Le Louvre n’est cependant pas complètement absent de cette exposition, non seulement par le prêt du chef-d’œuvre de l’artiste, Le Soir, qui orne normalement ses cimaises, mais aussi parce qu’un des deux commissaires, Côme Fabre, est désormais, après avoir commencé à Orsay, conservateur dans ce musée en charge de la peinture du XIXe siècle.
L’exposition, disons-le d’emblée, est excellente [2] : la plupart des toiles importantes du peintre y sont exposées, de nombreux dessins permettent de montrer l’artiste sous toutes ses facettes et la présentation, sur des murs de couleur, est réussie (ill. 1). Le catalogue est un peu plus décevant. Pas en raison de l’absence de notices (les essais étudient l’essentiel des œuvres exposées) que les organisateurs n’ont pas jugé utiles d’insérer car Gleyre bénéficie d’un catalogue raisonné complet dû à William Hauptman, mais parce que sa consultation est difficile faute de renvois suffisants dans le corps du texte et dans la liste des œuvres exposées (celle-ci ne suivant par ailleurs pas l’ordre du catalogue). On ne comprend pas bien comment les auteurs et les éditeurs peuvent oublier qu’après avoir été lu, un ouvrage comme celui-ci est ensuite consulté ponctuellement et doit être pratique. Plusieurs essais du catalogue sont excellents, même si l’on peut s’étonner que le premier, intitulé La scène primitive, soit aussi abscons et suppose que le lecteur sache déjà tout du peintre… On préférera les textes du catalogue proprement dit, qui analysent son…