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A propos du Hibou de Friedrich, une interview de Bertrand Talabardon et Bertrand Gautier

La Tribune de l’Art

Le tableau de Caspar David Friedrich, dont nous avions annoncé la découverte par la galerie Talabardon & Gautier (voir l’article, a finalement été vendu à un collectionneur français.
Si l’œuvre reste temporairement interdite de sortie, il est désormais peu probable que le Louvre, même s’il acceptait le prix demandé initialement, puisse désormais l’acquérir (voir notre éditorial).
Nous avons interrogé Bertrand Talabardon et Bertrand Gautier à propos de cette conclusion d’une affaire qui a fait couler beaucoup d’encre.

Caspar David Friedrich (1774-1840)
Hibou sur un arbre
Huile sur toile - 25,5 x 31,5 cm
France, collection particulière
Photo : D. R.
Voir l´image dans sa page

Entre votre achat en vente publique du tableau de Friedrich, et sa vente à un collectionneur français, il s’est passé moins de deux ans. C’est une issue heureuse et finalement rapide alors que votre découverte avait d’abord été revendiquée.

Il faut comprendre qu’historiquement, indépendamment du tableau lui même, il s’agit d’une première. La loi française, qui présente la particularité juridique de ce qu’on appelle le « vice du consentement », c’est-à-dire l’erreur sur les qualités substantielles de l’objet, donnant à un vendeur la possibilité de faire annuler une vente lorsqu’il y a eu erreur sur la substance, risque de priver le découvreur du fruit de son travail et de son expertise. Cela a été le cas dans l’affaire du Poussin Saint-Arromand, où il s’agissait d’un conservateur qui avait fait trop bien son travail, ou dans celle du Poussin Pardo où cette fois ce furent deux marchands qui avaient pris tous les risques.
Or, grâce à l’intervention de Me Corinne Hershkovitch, chargée de la défense de nos intérêts, nous avons pu trouver un juste accord avec le vendeur qui, d’une part annulait la première vente, et d’autre part mettait le tableau en indivision. La vendeuse, à qui nous tenons à rendre hommage, a d’ailleurs [1] « reconnu le mérite des marchands d’avoir découvert l’œuvre sans l’avoir vue et de lui avoir donné une valeur », reconnaissant ainsi « leur qualité d’inventeur » et leur accordant « 50% de la propriété du tableau ».
Dans cette affaire, il est bon peut-être de rappeler que la galerie Talabardon et Gautier a découvert cette œuvre, a pris tous les risques en l’achetant puisque nous ne l’avions pas vue physiquement et que c’est par notre simple déduction, sur une image minuscule où l’on reconnaissait le cadre français d’origine, que nous l’avons identifiée comme le tableau que David…

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