Zurbarán, maître de l’Âge d’or espagnol Contenu abonnés


Bruxelles, Palais des Beaux-Arts - Bozar, du 29 janvier au 25 mai 2014

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1. Francisco de Zurbarán (1598–1664)
Saint Sérapion, 1628
Huile sur toile - 120,2 × 104 cm
Hartford, Wadsworth Atheneum Museum of Art

« Moines de Zurbarán, blancs chartreux qui, dans l’ombre, / Glissez silencieux sur les dalles des morts, / Murmurant des Pater et des Ave sans nombre, / Quel crime expiez-vous par de si grands remords ?/ Fantômes tonsurés, bourreaux à face blême / Pour le traiter ainsi, qu’a donc fait votre corps ? »1 Préférant l’appel des muses à celui de Dieu, Théophile Gautier apostrophe magnifiquement les religieux, ascètes et cénobites, tout en admirant le peintre qui les représenta le mieux, Francisco Zurbarán, sans pourtant comprendre sa peinture… Car les tableaux du maître, fidèles aux préceptes de la Contre-Réforme, encouragent une spiritualité contemplative plutôt que la flagellation expiatoire.

À l’occasion du 350e anniversaire de sa mort, le Palais des Beaux-Arts de Bruxelles après le Palazzo dei Diamanti de Ferrare, réunit une cinquantaine de peintures de Francisco de Zurbarán. Le parcours entraîne le visiteur du ténébrisme caravagesque des premières œuvres sévillanes à la suavité des dernières peintures madrilènes, plus proches d’un Murillo. Entre ces deux extrêmes, des sections thématiques et chronologiques déploient des peintures de qualité inégale et il est dommage que les cartels ne distinguent pas clairement – quand cela est possible – la main du maître de l’intervention de l’atelier. Le commissaire Ignacio Cano Rivero a tout de même obtenu des chefs-d’œuvre aussi célèbres que Saint Sérapion2 (ill. 1) ou Saint François3 (vers 1635), qui sans doute ont fasciné Gautier au point de le rendre injuste envers le XVIIe français : « Tes moines, Lesueur, près de ceux-là sont fades / Zurbarán de Séville a mieux rendu que toi / Leurs yeux plombés d’extase et leurs têtes malades, /Le vertige divin, l’enivrement de foi / Qui les fait rayonner d’une clarté fiévreuse, / Et leur aspect étrange, à vous donner l’effroi. ».

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2. Francisco de Zurbarán (1598–1664)
Mariage mystique de sainte Catherine
d’Alexandrie
, vers 1658-1662
Huile sur toile - 121 × 102, 7 cm
Collection particulière

L’exposition, comme le catalogue, met aussi en valeur les découvertes réalisées depuis 1988, date de la dernière grande rétrospective internationale consacrée au maître. Plusieurs œuvres ont en effet été révélées, dans des églises, des collections privées ou sur le marché de l’art. C’est donc une apparition et une réapparition que celle de L’Enfant Jésus à saint Antoine de Padoue (1635-1640) dans l’église de Saint-Romain à Étréham en Normandie (voir la brève 30/9/05). Et tandis que La Fuite en Égypte (1630-1635) exhumée il y a une quinzaine d’années, a trouvé le repos sur les cimaises du Seattle Museum en 2011 (voir la brève 23/12/11), le Mariage mystique de sainte Catherine d’Alexandrie (vers 1658-1662) est une peinture retrouvée dans une collection privée4 dont on ne connaît aucune autre version (ill. 2) ; l’artiste, qui travailla…

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