Zurbaran et Sorolla, deux acquisitions du San Diego Art Museum


JPEG - 57.8 ko
Francisco de Zurbarán (1598–1664)
Saint François en prière, vers 1650-1655
Huile sur toile - 157 x 100,5 cm
San Diego Museum of Art
Photo : SDMA

3/2/15 - Acquisitions - San Diego, Art Museum - Deux nouvelles toiles viennent enrichir les collections espagnoles du musée de San Diego, l’une de Zurbarán, l’autre de Sorolla, autant dire l’ombre et la lumière, une austère piété et les plaisirs des bords de mer.
Le tableau de Zurbarán, offert par Conrad Prebys et Debbie Turner, représente Saint François en prière dans une grotte. L’œuvre, restée plus de 200 ans dans la collection des comtes d’Ibangrande, avait été présentée au Salon Paris Tableau en 2012 sur le stand de la Galerie Caylus (voir l’article), ainsi qu’à l’exposition Zurbarán à Bruxelles1 (voir l’article). Elle est ensuite passée en vente chez Sotheby’s à Londres en juillet 2014.
Zurbarán multiplia durant toute sa carrière les représentations de saint François d’Assise, moins narratives, plus contemplatives dans les œuvres tardives comme celle-ci, sans doute réalisée vers 1650-1655, c’est-à-dire au cours des dernières années sévillanes du peintre, avant son départ pour Madrid en 1658. La figure, monumentale, montrée légèrement du dessous, est modelée par un contraste d’ombre et de lumière à l’effet dramatique, tandis que le premier plan est occupé par une nature morte : un crâne sur lequel repose le livre des Écritures. Le saint semble en extase, le visage éclairé, la bouche ouverte, il fixe le spectateur ou bien une image intérieure. Il arrive que l’artiste représente cette vision dans certaines peintures. La National Gallery conserve une composition comparable à celle-ci, peinte dix ans plus tôt.
Deux copies d’atelier de ce tableau sont répertoriées2, l’une se trouve dans le palais du Marquis de Legarda, Ábalos (Logroño), l’autre au Herron Museum of Art, Indianapolis.
Saint François rejoint au musée de San Diego trois œuvres importantes de l’artiste : Saint Jérôme (vers 1640-1645), Agnus Dei (vers 1635-1640) et La Vierge à l’enfant avec le petit Jean-Baptiste (1658).

JPEG - 82.1 ko
2. Joaquín Sorolla (1863-1923)
Sur la plage, Valence, 1908
Huile sur toile - 129,5 x 104,2 cm
San Diego, art Museum
Photo SDAM

La peinture de Sorolla, acquise avec l’aide financière de la Legler Benbough Foundation, illustre une scène de plage à Valence : une femme de pêcheur passe une chemise à son enfant. Cette toile, mise en vente chez Christie’s le 12 juin 2012 avec trois autres tableaux du maître, est très proche de celle conservée dans la collection Pérez Simón intitulée En la playa, qui semble montrer les mêmes figures. L’artiste aime concentrer le regard sur deux personnages, entre le sable et l’eau, dans un cadrage resserré parfois instable.
L’année 1908 fut fructueuse pour Sorolla qui se rendit à Valence au cours de l’été où il peignit une soixantaine de tableaux, notamment des scènes de plages comme celle-ci, spontanée, faite de larges coups de pinceaux. Le second plan est presque décoratif, formé de bandes de couleurs différentes : le ciel lisse, bleu-rose, la mer d’un bleu sombre puis clair, scandée des lignes d’écume blanche.
En 1909, le peintre exposa une série de peintures, dont celle-ci, à New York, au sein de l’Hispanic Society of America, une exposition qui voyagea ensuite à Buffalo à Boston et qui fut un grand succès.
Le musée de San Diego possède déjà de cet artiste Maria à La Granja et lui a consacré une exposition en 2014 (31 mai -26 août) « Sorolla and America »


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, mardi 3 février 2015


Notes

1Palais des Beaux-Arts, « Francisco de Zurbarán », du 29 janvier au 25 mai 2014.

2Elles sont signalées dans le catalogue de la vente Sotheby’s





imprimer Imprimer cet article

Article précédent dans Brèves : Les amis d’Henry Lerolle et le fonds Léon Delachaux

Article suivant dans Brèves : Actualité du département des peintures du Metropolitan Museum