Les amis d’Henry Lerolle et le fonds Léon Delachaux


3/2/15 - Sociétés d’amis d’artistes - Henry Lerolle et Léon Delachaux, deux peintres de la même génération aujourd’hui méconnus, sortent de l’ombre grâce aux efforts de leurs descendants : la Société des amis d’Henry Lerolle, présidée par Geneviève Lacambre, a vu le jour en 2014, à l’initiative d’Aggy Lerolle ancienne directrice de la communication au Musée du Louvre, tandis que le fonds de dotation Léon Delachaux, créé en 2011 sous l’impulsion de l’arrière-petite-fille de l’artiste, Marie Delachaux, a mis en place un site internet et organisé le 9 octobre 2014 une conférence et une exposition le temps d’une soirée au siège de l’association France-Amériques pour faire le point sur l’état des recherches concernant l’artiste. Ces deux institutions ont le même but : faire connaître, documenter et enrichir l’œuvre de ces peintres, et compléter le catalogue raisonné de chacun d’eux.


JPEG - 136.1 ko
1. Henry Lerolle (1848–1929)
La répétiion à l’orgue, 1885
Huile sur toile - 236,9 x 362,6 cm
New York, Metropolitan Museum
Photo : Metropolitan Museum
JPEG - 387.9 ko
2. Henry Lerolle (1848–1929)
La Communion des apôtres, 1878
Huile sur toile - 275 x 420 cm
Paris, église Saint-François-Xavier
Photo : Didier Rykner

Henry Lerolle (1848-1929) fut d’abord un collectionneur éclairé qui côtoya les impressionnistes et encouragea les nabis, Maurice Denis plus particulièrement, qui écrivit d’ailleurs sa biographie en 1938 dans un texte intitulé Henri Lerolle et ses amis. ; le témoignage du peintre rappelle celui de Paul Valéry au sujet des Rouart, et de fait, les deux familles étaient liées, puisque les deux filles d’Henry Lerolle, Yvonne et Christine, épousèrent les deux fils d’Henri Rouart, Eugène et Louis. Et comme les Rouart, Lerolle resta dans l’ombre des peintres qu’il accueillit chez lui et qui fixèrent ses traits et ceux de sa famille sur la toile : Renoir, Maurice Denis, Albert Besnard, Fantin-Latour. Il eut non seulement pour amis des peintres mais aussi des écrivains - Mallarmé, Claudel, Gide, Valéry - et des musiciens, notamment Debussy, Ernest Chausson également qui était son beau-frère.
Issu d’une famille de bronziers, Henry Lerolle se forma à la peinture à l’académie de Charles Suisse, regarda les maîtres du Louvre, et suivit l’enseignement de Louis Lamothe. Il exposa au Salon à partir de 1868 et participa à la création de la société nationale des Beaux-Arts.
Il peignit des portraits, des paysages et des scènes de genre, décrivant un monde paysan paisible, silencieux, immuable mais aussi la ville et la modernité. L’une de ses peintures célèbres représente, dans un grand format, une répétition de chant (ill. 1). À partir de 1874, il se lança dans la peinture d’histoire et la peinture religieuse. Plusieurs églises, essentiellement parisiennes, conservent ses œuvres : on peut ainsi voir le Baptême de saint Agard et de saint Aglebert à Saint-Christophe de Créteil, ou La Communion des apôtres aujourd’hui visible à Saint-François-Xavier (ill. 2). Il conçut également des cartons pour des verrières et des vitraux par forcément religieux ainsi que des décors profanes notamment pour l’Hôtel de Ville, La Science et la Vérité instruisant la Jeunesse.

JPEG - 67.9 ko
3. Léon Delachaux (1850-1919)
Le Joueur de Banjo
Huile sur toile - 43,8 x 29,8 cm
Photo : Sotheby’s

Léon Delachaux grandit en Suisse puis au Caire et à Marseille. Il se forma au métier de graveur en horlogerie et partit exercer son métier aux États-Unis en 1872. À Philadelphie, Il décida finalement de se consacrer à la peinture, entra à la Pennsylvania Academy of Fine Arts et suivit l’enseignement de Thomas Eakins. De cette époque date le Joueur de Banjo passé récemment dans une vente de Sotheby’s le 9 mai 2014 à New York (ill. 3).
Il retourna en France en 1883, compléta sa formation auprès de Pascal Dagnan-Bouveret et s’installa finalement à Grez-sur-Loing près de Fontainebleau où se trouvait une communauté d’artistes notamment Carl Larsson (voir l’article), Francis B. Chadwick, August Strindberg, Robert-Louis Stevenson... Il se distingua au Salon de 1887 avec un tableau intitulé Le Crux Ave à Pâques (Kunsthaus Zurich) et reçut une médaille à l’Exposition universelle de 1889 pour La Louée à Château-Landon (Musée de La-Chaux-de-Fonds, Suisse). Entre 1891 et 1914 il exposa aux Salons de la Société nationale des Beaux-Arts dont il devint sociétaire en 1901.
Delachaux peignit aussi bien des paysages que des scènes de genre, il s’intéressa au quotidien des paysans, décrivant des scènes domestiques, intimes et poétiques qui trahissent sans doute un goût pour la peinture hollandaise, dans lesquelles dominent les figures féminines, ici une couturière, là une repasseuse ou une cuisinière… Son œuvre dessiné est très varié, il multiplia les techniques, réalisant aussi bien des croquis que des études préparatoires plus achevées. En 1900, il s’installa dans le Cher à Saint-Amand-Montrond et y mourut en 1919.

La Société des Amis d’Henry Lerolle souhaite entrer en contact avec les collectionneurs possédant des œuvres d’Henry Lerolle ou provenant de sa collection. Contacter : aggy.lerolle@orange.fr

Le fonds de dotation est à la recherche de toute information concernant la vie ou l’œuvre de Léon Delachaux. Contacter : contact@leondelachaux.org. Tél : +33 (0)6 99 36 12 04


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, mardi 3 février 2015





imprimer Imprimer cet article

Article précédent dans Brèves : Succès de la souscription du Louvre pour l’achat de la table de Teschen

Article suivant dans Brèves : Zurbaran et Sorolla, deux acquisitions du San Diego Art Museum