Souscription du Louvre pour l’achat du Livre d’Heure de François Ier


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1. Livre d’Heures de François Ier
Photo : Musée du Louvre
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27/10/17 - Souscription - Paris, Musée du Louvre - Nous publierons bientôt un article à son sujet, mais il faut le dire dès maintenant : l’exposition « François Ier et les arts » organisée par le Musée du Louvre n’est pas seulement une des plus belles qu’on puisse voir, elle va marquer l’histoire de l’art français. Et, cerise sur le gâteau, on pourra y voir l’objet que le musée tente actuellement d’acquérir en complétant son financement par une campagne « Tous mécènes » : le livre d’heure de François Ier (ill. 1).

Ce livre, dont la valeur - outre sa destination royale - est essentiellement due à sa reliure davantage encore qu’au manuscrit qu’elle protège, est un objet petit mais d’un raffinement extrême. Son dos en or, entièrement serti de cabochons de rubis et de turquoises, la première (ill. 2) et la quatrième de couverture composées chacune d’une cornaline sculptée en bas relief, avec des côtés également sertis de pierres précieuses, le marque-page lui-même en or et pierres précieuses, tout cela constitue un chef-d’œuvre de joaillerie comme on en voit peu.
Il avait été acquis en 1538 par le roi, sans doute comme cadeau pour sa nièce Jeanne d’Albret, qui deviendra la mère d’Henri IV à qui il fut transmis en héritage. Son épouse, Marie de Médicis, le choisit pour son cabinet au Louvre, puis le céda au cardinal Mazarin dont les collections furent dispersées au XVIIIe siècle. Il se retrouva ensuite en Angleterre où il figura notamment dans la collection d’Horace Walpole. En 1942 il fut acquis par la maison S.J. Phillips qui ne l’avait pas mis en vente jusqu’à aujourd’hui.


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2. Première de couverture du Livre d’Heures de François Ier
Photo : Musée du Louvre
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Conservé à l’étranger, l’objet n’est pas « trésor national » mais une « œuvre d’importance patrimoniale majeure », ce qui revient au même du point de vue des déductions fiscales. Le prix total serait de dix millions d’euros. Sur ce montant, la société LVMH apportera la moitié, tandis que la souscription publique porte sur un million d’euros (dont 17% ont déjà été réunis à l’heure où nous écrivons ces lignes, à peine trois jours après le lancement de la campagne).

Normalement, les manuscrits enluminés et les reliures sont du ressort de la Bibliothèque nationale de France qui conserve toutes les reliures françaises précieuses de la Renaissance conservées à Paris. À nos questions sur les raisons qui expliquent l’achat par le Louvre et pas par la BnF, celle-ci a répondu que l’œuvre était un véritable objet d’art [ce qui est indiscutable], qu’historiquement le Louvre conserve de nombreuses regalia de la monarchie française, notamment de l’époque de François Ier [mais ce livre n’est pas une regalia], que le Louvre conserve aussi des manuscrits [le département des Arts graphiques conserve en effet des enluminures provenant de manuscrits, mais pas de livres complets] et qu’il est logique de resituer les reliures dans la pratique artistique d’une époque, aux côtés par exemple des ivoires carolingiens, des émaux ottoniens ou des plaque limousines [ce qui est un argument pertinent].

L’essentiel est évidemment que l’œuvre entre dans les collections nationales, que ce soit le Louvre ou la BnF et nous soutenons cet achat en recommandant aux lecteurs de La Tribune de l’Art d’y participer. On peut néanmoins se demander si l’acquisition par la BnF n’aurait pas été plus logique, ce qui aurait permis au Louvre de se concentrer sur des œuvres davantage en rapport avec le champ qu’il couvre, sachant que nombreuses sont celles qui lui échappent.

Site de l’opération Tous mécènes, pour participer à la souscription.


Didier Rykner, vendredi 27 octobre 2017





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