Un tableau d’Étienne Bouhot acquis par Stockholm


31/10/17 - Acquisition - Stockholm, Nationalmuseum - Le Nationalmuseum de Stockholm est très actif dans les ventes françaises qu’il suit de particulièrement près. C’est cette fois à Semur-en-Auxois, dans une vente organisée par Daguerre, que le musée suédois a acquis pour 9 450 € frais compris un très joli tableau d’Étienne Bouhot1 représentant l’église de Saint-Thibault en Bourgogne. La vente à Semur-en-Auxois se justifiait car l’artiste est originaire d’un village non loin de cette ville, et qu’il en a dirigé l’école de dessin et y est mort en 1862. Le musée de Semur conserve d’ailleurs un grand nombre de ses œuvres.


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Étienne Bouhot (1780-1862)
Vue de l’intérieur de l’église Saint-Thibault en Bourgogne
Huile sur toile - 46 x 38 cm
Stockholm, Nationalmuseum
Photo : Daguerre
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Le prieuré de Saint-Thibault, non loin de Semur, est un remarquable édifice, assez curieux car le chœur et son abside sont très hauts, tandis que la nef est beaucoup plus petite. Il est assez difficile de reconnaître les lieux et ceux-ci ont changé entre le début du XIXe siècle et aujourd’hui, notamment en raison d’une restauration par Viollet-le-Duc. Il est néanmoins possible que Bouhot ait pris quelques libertés avec la réalité. L’abside, la partie la plus spectaculaire de cette église (dont on trouve de nombreuses photos sur internet), n’est ici pas représentée. Elle doit se trouver hors champ sur la droite du tableau. La chapelle que l’on voit au fond est la seule de l’église. On voit à gauche la nef qui abrita plus tard, après 1844, les boiseries du XVIIIe siècle de l’église de Semur qui s’y trouvent encore aujourd’hui. Néanmoins, la grande baie gothique représentée ici, en partie obturée par des planches de bois, n’existe pas (ou plus) : les ouvertures de la nef sont actuellement beaucoup plus simples et plus étroites.

Que ce tableau représente, ou non, le prieuré de Saint-Thibault n’est d’ailleurs pas essentiel. Ce qui est passionnant dans un tel tableau est le témoignage du goût de l’époque pour le gothique. L’œuvre reprend certains codes de la peinture troubadour (petit format, présence importante de l’architecture, peinture lisse…) mais sans qu’aucune histoire ne soit ici racontée. On pourrait presque croire le sentiment religieux absent de ces ruines si une observation plus attentive ne révélait au centre un prêtre parlant à deux femmes, tandis qu’au fond, dans la chapelle, trois autres femmes prient.


Didier Rykner, mardi 31 octobre 2017


Notes

1Il était seulement attribué mais il semble bien qu’il s’agisse effectivement d’une œuvre de cet artiste.





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