Une acquisition et un dépôt au Musée des Beaux-Arts de Rennes


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1. Nicolas Prévost (1604-1670)
Les Noces de Tobie et de Sarah
Huile sur toile - D. 126 cm
Rennes, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée des Beaux-Arts de Rennes
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27/10/17- Acquisition et dépôt - Rennes, Musée des Beaux-Arts - Toujours très actif sur tous les fronts, le Musée des Beaux-Arts de Rennes s’est récemment enrichi d’un tableau du XVIIe siècle qui vient compléter un fonds déjà très complet d’œuvres françaises de cette époque.
La toile (ill. 1), achetée auprès d’une collection privée, est due au peintre Nicolas Prévost dont l’œuvre est depuis quelques années en cours de redécouverte. Le Musée d’Orléans conserve plusieurs toiles de cet artiste provenant du château de Richelieu, dont le décor a été étudié lors d’une grande exposition à Orléans, Tours et Richelieu en 2011 (voir l’article). Nous y écrivions alors que Prévost était un « petit maître » dont les tableaux, parfois modestes, sont parfois néanmoins de qualité en évoquant notamment Jacques Stella. C’est d’ailleurs le cas de l’œuvre acquise par Rennes qui se situe incontestablement dans la bonne production du peintre et s’inscrit parfaitement dans le courant dit de l’« atticisme ». Elle représente Les Noces de Tobie et de Sarah, au moment où l’archange Raphaël1 fait fuir le démon Asmodée qui, comme pour les sept précédents mariages de Sarah, venait étrangler ses époux avant la consommation du mariage.


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2. Charles Le Brun (1619-1690)
La Flagellation
Huile sur toile - 147 x 116 cm
Rennes, Musée des Beaux-Arts
(dépôt de la Ville de Paris)
Photo : Musée des Beaux-Arts de Rennes
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Mais Rennes, on le sait, pratique également une politique très astucieuse de dépôts, auprès d’institutions qui disposent d’œuvres qu’elles ne présentent pas et que parfois elles ne pourraient pas présenter, ce qui leur donne ainsi une occasion d’être admirées par le public. Un tableau supplémentaire de Charles Le Brun (qui viendra rejoindre la grande Descente de croix du même artiste - voir la brève du 25/12/06) sera désormais accroché dans les salles du musée.
Provenant des collections royales, il avait été étudié en 2012 par Guillaume Kazerouni dans l’exposition « Les couleurs du ciel » qui avait révélé les tableaux français du XVIIe siècle des églises de Paris (voir l’article). L’œuvre n’était alors qu’ « attribuée à » Le Brun. Son histoire est en effet complexe : laissée inachevée à sa mort par le peintre de Louis XIV, une Flagellation et sa copie par un artiste non identifié avaient été récupérées pour le roi avec le reste de son atelier, puis l’un des deux tableaux rendu à sa famille, probablement la copie.
La restauration récente de cette toile a montré que quelques éléments (la colonne, le bras gauche du Christ et les têtes d’angelots) semblent plus tardifs et sans doute dus à son achèvement postérieur à la mort de Le Brun. Mais Guillaume Kazerouni nous a précisé que l’œuvre est désormais considérée comme étant bien celle de Le Brun.

Ce n’est qu’en 1818-1819, à la Restauration, que le tableau avait été envoyé à Saint-Nicolas-du-Chardonnet, avant d’être affecté à Saint-Bernard-de-la-Chapelle en 1887, puis de se retrouver dans les réserves de la COARC. Le tableau n’était donc pas à l’origine conçu pour une église parisienne, ce qui justifie pleinement un dépôt à Rennes dont on espère qu’il durera. Il faut espérer que les autres tableaux conservés dans le dépôt des œuvres d’art de la Ville de Paris pourront prochainement regagner une église ou être exposés dans un musée. Il est dommage que ces œuvres demeurent en réserve.


Didier Rykner, vendredi 27 octobre 2017


Notes

1Merci à Sylvain Kerspern qui nous a fait remarquer une coquille : nous avions écrit Gabriel à la place de Raphaël. C’est bien ce dernier archange qui est ici mis en scène.





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