Récentes acquisitions du Musée de la Vie Romantique


24/02/15 - Acquisitions - Paris, Musée de la Vie Romantique - Nous avions signalé la qualité de l’œuvre dans notre recension des expositions des galeristes en novembre dernier (voir la brève du 16/11/14) : l’esquisse préparatoire de Pierre-Claude-François Delorme à la coupole de l’église Notre-Dame-de-Lorette (ill. 1) vient d’être acquise auprès de la galerie Mendès par le Musée de la Vie Romantique.


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1. Pierre-Claude-François Delorme (1783-1859)
La Translation de la Maison de Lorette par les anges
Huile sur papier, marouflé sur toile - D. 58 cm
Paris, Musée de la Vie Romantique
Photo : Musée de la Vie Romantique
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2. Pierre-Claude-François Delorme (1783-1859)
La Translation de la Maison de Lorette par les anges
Peinture murale (état 24/2/15)
Paris, église Notre-Dame-de-Lorette
Photo : Didier Rykner

La Maison de Lorette est celle où naquit la Vierge Marie à Nazareth, où elle vécut, reçut l’annonciation de l’Ange Gabriel et où eut lieu l’Incarnation. La légende veut que, devant la conquête musulmane de la terre sainte, des anges enlevèrent cette maison pour la transporter en Dalmatie, puis quelques années plus tard la transférèrent à nouveau jusque dans la région d’Ancône où fut édifiée la basilique Notre-Dame-de-Lorette. C’est cet événement que montre la composition, dont l’essentiel est déjà trouvé, notamment le groupe central de la Vierge et des Vertus Théologales, la Foi, l’Espérance et la Charité. La coupole peinte est cependant différente par l’ajout de personnages : les angelots portant l’inscription qui volent au-dessus de la Vierge sont beaucoup plus nombreux, comme le sont les anges qui entourent la scène dans la partie inférieure de la peinture.
Comme une grande partie des peintures murales de l’église, la coupole de Delorme est en mauvais état (ill. 2), particulièrement les écoinçons qu’il peignit également et qui sont absents de l’esquisse. Une étude a eu lieu il y a plus de cinq ans, sans pour l’instant que cela ne débouche sur aucune restauration (voir la brève du 18/3/13) ! Les détails que nous avions pu prendre en photographie à cette époque montrent pourtant la grande qualité de cette coupole (ill. 3 et 4) dont témoigne désormais au Musée de la Vie Romantique cette très belle esquisse.


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3. Pierre-Claude-François Delorme (1783-1859)
La Translation de la Maison de Lorette par les anges
Peinture murale (état 11/11/09)
Paris, église Notre-Dame-de-Lorette
Photo : Didier Rykner
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4. Pierre-Claude-François Delorme (1783-1859)
La Translation de la Maison de Lorette par les anges
Peinture murale (état 11/11/09)
Paris, église Notre-Dame-de-Lorette
Photo : Didier Rykner

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5. Marcel Saunier (?-1842)
Don Juan et Haïdée, 1839
Huile sur toile - 60 x 73 cm
Paris, Musée de la Vie Romantique
Photo : Musée de la Vie Romantique

Un autre tableau (ill. 5), abouti celui-ci puisqu’il fut exposé au Salon de 1839, a été acquis auprès de la galerie Michel Descours à Lyon. Il s’agit d’une œuvre particulièrement rare puisqu’elle est pour l’instant la seule identifiée de son auteur, Marcel Saunier. Si sa date de naissance n’est pas connue, il s’agit en effet d’un artiste mort très jeune en 1843 et qui ne put exposer qu’aux Salons de 1839, 1841 et 1842. On peut lire dans La Phalange, le journal de Charles Fourier, à la date du 22 mai 1842, qu’« Un tout jeune homme qui vient de mourir au moment même où le Salon fermait, M. Marcel Saunier, avait exposé des Baigneuses dans un paysage, œuvre d’une couleur excellente. Ce tableau annonçait avec de vraies qualités de peintre, un bon sentiment de la riche nature. Que de belles espérances ainsi brisées dans leur fleur ! »
L’œuvre qui fait son entrée au Musée de la Vie Romantique est tirée du Don Juan de Lord Byron, un auteur particulièrement prisé par les peintres français de l’époque. On y voit Don Juan, recueilli après son naufrage sur les côtes grecques, par Haïdée. La scène suit assez fidèlement le texte du poète : elle se passe dans une grotte, à l’arrière-plan on voit les restes du navire de Don Juan, Haïdée veille celui-ci, endormi « aussi paisiblement qu’un enfant » tandis que sa servante Zoé a préparé un repas qui se trouve sans doute dans les récipients en terre et en porcelaine posés sur les rochers à gauche.
Cette toile de très belle qualité et proche des Devéria s’inscrit parfaitement par son style comme par son sujet dans la mouvance romantique et complète ainsi parfaitement les collections du musée de la rue Chaptal.

Élève d’Ingres, Jules Ziegler est surtout connu comme le décorateur du cul-de-four de la Madeleine. Ses tableaux sont assez rares, mais ses dessins plus encore, au point qu’on n’en connaissait récemment qu’un nombre très limité. Un album en contenant plusieurs ayant été récemment démantelé (ce qui est dommage) a fait réapparaître plusieurs feuilles de divers sujets et techniques qui se trouvent aujourd’hui sur le marché de l’art parisien. Un portrait au crayon représentant Victor Hugo, monogrammé par l’artiste et de cette provenance, a été acquis fin 2013 par le Musée de la Vie Romantique auprès de la galerie Arsinopia. Daté du 11 février 1830, au moment où il monte Hernani au théâtre, ce dessin représente l’écrivain encore jeune, avant qu’il ne fasse pousser sa longue barbe blanche qui le caractérise. Il a servi de modèle pour une lithographie de Rattier parue dans le journal La Silhouette. Le monogramme V - H. en bas du dessin reprend celui que le poète utilisait lui-même.


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6. Jules-Claude Ziegler (1804-1856)
Portrait de Victor Hugo, 11 février 1830
Pierre noire, rehauts de craie blanche - 30 x 20 cm
Paris, Musée de la Vie Romantique
Photo : Musée de la Vie Romantique
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7. Eugène Devéria (1805-1865)
Le docteur Jean-Pierre Beaude, 1829
Bronze (cadre en bois)
Paris, Musée de la Vie Romantique
Photo : Musée de la Vie Romantique

Enfin, autre acquisition datant de fin 2013, auprès de la galerie Jacques Fischer, un médaillon en bronze de 1829 représentant le docteur Jean-Pierre Beaude1 est la seule sculpture connue d’Eugène Devéria (à l’exception d’une ébauche au couteau d’un noyau de fruit, représentant un profil d’homme, conservé au Musée des Beaux-Arts d’Angers). Ce type de médaillon est évidemment très proche de ceux de David d’Angers qui fut un ami des Devéria et qui représenta d’ailleurs de la même manière Eugène et sa sœur Laure, tandis qu’Achille Devéria réalisa un portrait lithographié du sculpteur.


Didier Rykner, mardi 24 février 2015


Notes

1Le monogramme D. M. que porte l’œuvre n’est pas une signature, mais signifie Docteur en Médecine.





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