Deux nouveaux tableaux pour le Barber Institute


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1. George Bellows (1882-1925)
Miss Bentham, 1906
Huile sur toile - 182 x 91 cm
Birmingham, The Barber
Institute of Fine Arts
Photo : The Barber Institute

26/02/15 - Acquisitions - Birmingham, The Barber Institute of Fine Arts - Aucun nu dans un musée de beaux-arts, est-ce possible ? Oui puisque le Barber Institute ne montrait jusqu’à ce jour que des figures vêtues un peu plus chaudement que de leur simple probité candide. L’achat d’un tableau de George Bellows, Miss Bentham (1906), permet enfin d’imposer un thème qui traverse toute l’histoire de l’art (ill. 1). Acquis, avec l’aide du Henry Barber Trust, auprès d’un collectionneur privé américain par l’intermédiaire du marchand Collisart, il a un temps appartenu à Andy Warhol entre 1985 et 1987.
Cette toile est aussi l’une des deux seules de ce peintre à figurer dans une collection publique anglaise, l’autre étant Hommes sur les docks acquise par la National Gallery l’année dernière avec la polémique que l’on sait lors de sa vente aux États-Unis1 (voir la brève du 10/02/14).
Bellows pourtant fut connu de son temps et en son pays - le Metropolitan lui a consacré une rétrospective en 2013 - pour ses représentations de combats de boxe et de certains quartiers pauvres des villes américaines. Il peint ici un nu en pied, vu de trois-quarts dos, sur un fond neutre et sombre, sans idéalisation, dans la tradition d’un Manet notamment ; l’œuvre fut exposée en 1906. Il peignit plusieurs autres nus, dans des postures variées comme Miss Leslie Hall, en train de mettre ou d’enlever ses souliers, le visage tourné vers le spectateur, contrairement à la figure du Barber, tandis que le portrait de la petite Queenie Burnett dans sa robe blanche (1907), ressemble par la posture et la mise en scène sur fond neutre, à Miss Bentham.

George Bellows se forma auprès de Robert Henri et fit partie comme celui-ci de l’Ashcan school, autrement dit l’« école de la poubelle », mouvement artistique créé à New York en 1908 dont les membres revendiquaient une peinture réaliste, presque de reportage, saisissant des scènes de la vie quotidienne dans les quartiers les plus populaires.
Ce tableau est présenté dans la même salle que des œuvres d’artistes impressionnistes français, notamment le Portrait de Carolus Duran par Édouard Manet (1876), les Jockeys avant la course s’Edgar Degas (1879) et une Jeune femme assise d’Auguste Renoir (1876).

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2. Joshua Reynolds (1723-1792)
Maria Marow Gideon (1767-1834)
et son frère William (1775-1805)
, 1786-1787
Huile sur toiel - 240 x 148 cm
Birmingham, The Barber Institute of Fine Arts
Photo : The Barber Institute

Autre toile récemment entrée dans les collection du Barber Institute : un double portrait peint tardivement par Joshua Reynolds, représentant Maria Marow Gideon et son frère William (ill. 2). L’œuvre est une dation (acceptance in lieu) faite en 2013 à l’État qui l’a ensuite déposée au musée de Birmingham.
Peinte entre 1786 et 1788, elle montre les enfants de Sir Sampson Gideon, Baron Eardley of Spalding, qui était lui-même le fils d’un riche financier juif détenteur d’une importante collection dans sa maison du Kent. La peinture achetée par Sir Samson à l’artiste en 1787 fut exposée à la Royal Academy l’année suivante. Le sujet est autant la mode que la personnalité des modèles ; la jeune femme est coiffée d’un superbe chapeau à plume d’autruche, un chapeau noir dont la couleur, reprise par l’étole qui tombe de ses épaules et par le chapeau de son frère qu’elle tient dans les mains, contraste avec la blancheur de sa robe en mousseline. La seule touche de couleur dans sa tenue est le bleu pâle de sa ceinture. Le jeune William, chaussé de bottes, se tient dans une position élégante et recherchée, une main dans la poche de son veston, l’autre appuyée sur une canne, il a l’air décidé et charmant d’un petit garçon qui joue au grand. Ces deux figures gracieuses se tiennent dans un paysage qui occupe une place minime dans la composition.
Alors que Maria, née en 1767, vécut jusqu’à l’âge de 66 ans, William, né en 1775, atteignit le grade de lieutenant-colonel dans l’armée mais mourut à 30 ans. Il est enterré dans le village de Berkswell, entre Birmingham et de Coventry.
Cette œuvre rejoint dans les collections deux autres portraits de l’artiste, l’un du révérend William Beel, l’autre d’un jeune homme anonyme.


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, jeudi 26 février 2015


Notes

1Son achat par la National Gallery a également été critiqué en Angleterre : beaucoup trouvaient que le prix était trop cher pour un tableau pas forcément indispensable pour ce musée anglais.





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