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Lyon fait échouer les négociations sur le Musée des Tissus et des Arts décoratifs


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Une salle du Musée des Tissus et des Arts décoratifs de Lyon
(côté Arts décoratifs)
Photo : Didier Rykner
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6/10/17 - Musées - Lyon, Musée des Tissus et des Arts décoratifs - Le communiqué publié ce soir par la Chambre de Commerce et d’industrie de Lyon, qui entérine l’échec des négociations pour sauver le Musée des Tissus et des Arts décoratifs, ne fait que confirmer l’analyse que nous avons publiée mercredi soir. La Ville et la Métropole de Lyon ont, depuis le début, tout fait pour saboter toutes les solutions envisagées et pour que le démantèlement du musée, la vente des hôtels à un industriel et la mise en caisse des collections soient actés. Les maires successifs, Gérard Collomb et Georges Képénékian, portent une lourde responsabilité dans une catastrophe patrimoniale majeure qui déshonorerait notre pays.

Il faut désormais soutenir la CCI et son président dans leur volonté de trouver une issue satisfaisante. Son président, Emmanuel Imberton, se donne le week-end pour prendre une décision définitive. Nous comprenons que, face aux baisses drastiques des ressources fiscales accordées par l’État, il doive concentrer ses moyens sur ses missions premières. Mais nous l’implorons, avec les 130 000 signataires de la pétition, d’accorder encore un sursis à ce musée que le monde entier nous envie. Il est pour cela essentiel d’entériner, une fois pour toute, la désertion lyonnaise, et de cesser toute négociation avec la Ville et la Métropole.

Rien n’oblige d’ailleurs la CCI à fermer le musée demain. Les différents partenaires se sont déjà engagés sur un budget de 1 600 000 € par an au moins jusqu’à fin 2020, ce qui est un budget minimum pour le maintenir en vie. En trois ans, et même sûrement beaucoup plus rapidement puisque Lyon, qui bloquait tout, sera éjecté du processus, il est certain que l’argent manquant pourra être trouvé.
La Région Auvergne-Rhône-Alpes, dont l’attitude dans cette affaire a été exemplaire, pourrait être chargée officiellement de gérer ce dossier. Quant à l’État, qui est le premier responsable de la situation en ponctionnant la CCI de ses ressources, il doit prendre toutes ses responsabilités. Françoise Nyssen, qui se targuait récemment de disposer d’un budget stable, tout en diminuant fortement celui consacré aux musées (voir l’article), pourrait facilement, si elle le voulait, pérenniser un budget complémentaire.

Signalons que Stéphane Bern, qui a déjà pris parti publiquement en sa faveur, a décidé de tout faire pour sauver le musée. Si Emmanuel Macron veut montrer que le patrimoine est réellement une priorité pour lui, comme il l’a laissé entendre ces derniers jours, il doit le prouver en soutenant celui qu’il vient de nommer pour une mission qui a déjà fait couler beaucoup d’encre (voir nos articles). L’urgence patrimoniale absolue, aujourd’hui, c’est le Musée des Tissus et des Arts décoratifs et la solution est à portée de main.


Didier Rykner, vendredi 6 octobre 2017





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