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Le Musée des Tissus et des Arts décoratifs va être sauvé


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Une salle du Musée des Tissus pendant l’exposition
« Le Génie de la Fabrique »
Photo : Didier Rykner
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6/7/17 - Musée - Lyon, Musée des Tissus et des Arts décoratifs - Nous l’avons annoncé dès hier sur notre compte Twitter, grâce aux informations que nous avait données Daniel Fruman via la pétition contre la fermeture du Musée des Tissus et des Arts décoratifs de Lyon. La confirmation est venue aujourd’hui : il semble bien, désormais, que plus rien ne s’oppose à son sauvetage. Il faut rendre hommage à la Région Auvergne-Rhône-Alpes et à son président, Laurent Wauquiez, qui est le seul depuis longtemps parmi les politiques à avoir vraiment pris la mesure de l’importance de ces musées. La Ville de Lyon est pour l’instant encore absente du projet sous prétexte que son maire - qui s’en désintéressait - va changer, Gérard Collomb étant entre-temps devenu ministre de l’Intérieur. Il est souhaitable (et probable, du moins nous l’espérons) que la métropole et la Ville s’engagent à leur tour lors d’une prochaine réunion prévue le 20 juillet.

La solution est donc la suivante et devra être concrétisée (et complétée avec la ville et la métropole) : la Chambre de Commerce et d’Industrie va transférer la propriété des collections et des immeubles qui les contiennent (deux anciens hôtels particuliers) à la région. Celle-ci donnera 10 millions d’euros pour les travaux de restauration et de mises aux normes indispensables de ces bâtiments, tandis que l’État a accepté de contribuer pour 5 millions. Il restera encore, pour un chantier estimé au total à 20 millions, à en trouver 5, via notamment du mécénat, ce qui semble raisonnable.
Pour les coûts de fonctionnement, la Région, encore elle, donnera 1 millions d’euros par an. Le ministère de la Culture s’est engagé pour 300 000 € (mais pendant trois ans seulement !) tandis que la CCI ne se désengagera pas totalement puisqu’elle apportera 300 000 € par an au moins jusqu’en 2021. Cela fera, pendant trois ans, 1 600 000 € par an, soit l’équivalent de ce qui était nécessaire a minima. On ne voit pas comment le prochain maire de Lyon pourrait se désintéresser totalement de ces musées et ne pas apporter de quoi assurer, au delà de 2020, ce qu’il faudra pour leur maintien et leur développement.

Il reste qu’un musée ne peut vivre sans un directeur qui soit également un scientifique, et dans le cas présent un spécialiste des tissus, et des arts décoratifs. Il avait un tel directeur, Maximilien Durand, qui avait jusqu’ici réalisé un travail exemplaire. Il a été débarqué il y a quelques semaines pour des raisons qui nous échappent. Si l’essentiel est acquis, la pérennité de l’établissement, il faudra donc désormais recruter la bonne personne qui saura continuer la politique exceptionnelle que nous avions largement décrite dans nos précédents articles.

La Tribune de l’Art est fière d’avoir pris part à ce combat, en publiant le premier article de fonds sur les dangers qui menaçaient ces collections, article qui a donné l’impulsion à Daniel Fruman pour lancer sa pétition. Cette dernière, riche à ce jour de près de 120 000 signatures, a fortement contribué à la victoire, en faisant pression sur les politiques et en gardant le sujet dans l’actualité.
Nous conclurons en rappelant que le problème n’était pas celui d’un musée « en faillite » comme on a pu le lire ici ou là. Il était parfaitement géré et avait une intense politique scientifique de publications, d’expositions, d’acquisitions et de restaurations, malgré des moyens limités. Le psychodrame que nous avons vécu pendant plus d’un an et demi aurait pu être évité.


Didier Rykner, jeudi 6 juillet 2017





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