Publicité Annonce Tribune de l'Art souscription 2

Le plan de la Ville et de la Métropole de Lyon pour démanteler le Musée des Tissus


4/10/17 - Musées - Lyon, Musée des Tissus et des Arts décoratifs - La Ville de Lyon et la métropole ont donc présenté à la presse leur projet pour « sauver » le Musée des Tissus. En réalité, ce qu’ils proposent aboutit à un démantèlement de ses collections, qui seraient réparties entre le Musée des Confluences (qui n’a jamais été prévu pour cela) et le Musée des Beaux-Arts (on suppose pour la partie Arts décoratifs). On se demande où ce dernier trouverait la place pour exposer ces objets d’art sans devoir enlever autant d’œuvres actuellement montrées au public.

On ne sait ce qui est le plus scandaleux dans l’attitude de Gérard Collomb (dont on apprend qu’il intervient toujours dans le dossier1, le ministère de l’Intérieur devant lui laisser quelques loisirs), de Georges Képénékian, son successeur à la Mairie de Lyon et de David Kimelfeld, Président de la Métropole. Est-ce leur absence d’intérêt pour le musée dont ils font preuve depuis plus d’un an ? Est-ce l’affirmation, contraire à la réalité comme chacun a pu le constater, qu’ils « ont été les premiers à s’engager pour sauver le Musée des Tissus » (sic) quand ils n’ont fait que saboter toutes les tentatives pour le remettre à flot ? Ou est-ce ce projet qui n’en est pas un et qui aboutirait à la disparition pure et simple du musée ?

Que proposent-ils en effet ? Que la CCI vende un des deux hôtels (Norbert Dentressangle doit être heureux) et finance par les recettes dégagées l’aménagement de l’autre hôtel particulier. Les collections seraient donc en réalité exposées sur trois sites : le Musée des Beaux-Arts, le Musée des Confluences et l’hôtel particulier qui resterait. Un centre de réserves serait construit ailleurs (où, on ne sait pas) et « un centre de ressources de haute-qualité » (sic) serait créé, « dont une partie importante pourrait être créée au sein du musée des Confluences de façon à mieux répondre aux demandes des chercheurs, des créateurs et des industriels ». On aboutirait donc à un musée explosé sur quatre sites au lieu d’un seul aujourd’hui. On ne voit pas bien comment cela pourrait être plus économique. De plus, ce projet se ferait apparemment sans aucun financement de la Ville ou de la Métropole puisque jamais le communiqué de presse n’évoque cette question pourtant cruciale. Ce qui choque Képénékian et Kimelfeld, c’est que le plan proposé par la Région, le CCI et l’État soit pour l’instant financé par le seul argent public qui n’est donc pas celui de leurs collectivités. Or, leur plan ne prévoit aucun argent provenant de mécènes privés qui n’ont que peu de raisons d’être motivés par l’éclatement du Musée des Tissus.

Chacun pourra constater en lisant ce communiqué que nous mettons en lien ici que le plan de la Ville et de la Métropole qu’ils qualifient de « pragmatique et ambitieux » est en fait parfaitement incompréhensible, pas du tout viable et certainement pas financé. Il ne s’agit selon toute évidence que d’une nouvelle manœuvre pour faire échouer le sauvetage du musée. Il est clair que l’État doit désormais prendre ses responsabilités et assurer définitivement avec la Région la pérennité du musée, contre Lyon s’il le faut. Cette plaisanterie tragique n’a que trop duré.


Didier Rykner, mercredi 4 octobre 2017


Notes

1On lit en effet dans le communiqué que « Gérard Collomb, […] David Kimelfeld et Georges Képénékian […] sont convaincus que […] »





imprimer Imprimer cet article

Article précédent dans Brèves : Le Musée d’Art et d’Histoire de Saint-Denis rouvre ses salles sur la Commune

Article suivant dans Brèves : Trois Scheffer pour le Musée de la Vie Romantique