Les Rembrandt Rothschild visibles au Louvre pour trois mois


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Les deux portraits peints par Rembrandt exposés au Louvre
Wim Pijbes et Jean Luc Martinez
François Hollande, Willem-Alexander et Máxima des Pays-Bas
Photo : bbsg

10/3/16 - Acquisition - Paris, Musée du Louvre et Amsterdam, Rijksmuseum - Tout le monde était bien content et se congratulait, courbettes, ronds de jambes, tapes dans le dos, « et vous en êtes un autre », autour des deux Rembrandt fraîchement arrivés au Louvre (voir les autres articles sur le sujet) : « les événements nous dépassent, feignons d’en être les organisateurs », tel était le titre de la pièce tragi-comique qui s’est jouée devant la presse.
François Hollande accueillait leurs majestés Willem-Alexander et Máxima des Pays-Bas, Jean-Luc Martinez serrait la main de Wim Pijbes, directeur du Rijksmuseum - plus pour très longtemps, puisqu’il rejoindra le futur Museum Voorlinden en juillet 2016 - et notre nouvelle ministre de la culture, Audrey Azoulay, saluait son homologue Madame Jet Bussemaker : le jeu de miroirs était parfait et tous ces couples franco-néerlandais souriant aux photographes offraient un écho grinçant aux deux époux portraiturés, Maerten Soolmans et Oopjen Coppit.
Chacun son rôle dans cette pièce de théâtre : les Français occupent le devant de la scène, les Néerlandais décident en coulisse ; c’est eux qui dirigeront la restauration des œuvres, à Amsterdam, et c’est à eux qu’appartient celle des deux toiles signée : le portrait d’homme.
Ces peintures qui ne méritaient pas qu’on les retienne en France il n’y a pas si longtemps encore, sont aujourd’hui parées de toutes les qualités des chefs-d’œuvre, enfin ! Les conservateurs ont souligné la subtilité de la palette, réduite à des nuances de noirs et de blancs, les effets de lumière et le rendu minutieux des matières ; la composition est intéressante également, les deux époux étant liés l’un à l’autre par leurs gestes, et par le drapé du fond suggérant qu’ils se trouvent dans le même espace ; ils sont en pied, majestueux, les dimensions des toiles sont remarquables puisqu’il s’agit de portraits grandeur nature. Bref, elles viennent « combler un trou » dans les collections du Louvre, voilà qui est dit.

Les tableaux seront visibles au Louvre du 10 mars au 13 juin 2016, puis exposés trois mois au Rijksmuseum avant d’être restaurés. Ils seront ensuite présentés - sans jamais être séparés l’un de l’autre, selon l’accord signé - alternativement au Louvre et au Rijksmuseum pour une période qui peut varier de 5 à 8 ans. Peu importe le danger que représentent pour les œuvres ces incessants allers et retours, qu’on se rassure, elles ne pourront pas être prêtées à d’autres musées.

On parle de « procédure inédite d’acquisition commune » entre l’État français et l’État néerlandais, bel euphémisme pour « tentative laborieuse et française de sauvetage de l’honneur et des meubles » et aussi de tableaux majeurs pour le patrimoine national.


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, jeudi 10 mars 2016





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