Des tableaux d’Alfred Stevens et d’Edouard Agneessens pour Bruxelles


15/3/16 - Acquisitions - Bruxelles, Musées royaux des Beaux-Arts de Bruxelles et Fondation Roi Baudouin - Deux portraits par deux artistes belges ont enrichi les collections des Musées royaux des Beaux-Arts de Bruxelles. Le premier est l’esquisse préparatoire d’une peinture conservée au musée : Les Enfants Colard représentés par Edouard Agneessens en 1874 (ill. 1 et 2).


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1. Edouard Agneessens (1842-1885)
Etude pour le Portrait des enfants Colard , 1874
Huile sur toile - 46,1 x 55,1 cm
Bruxelles, Musées royaux des Beaux-Arts
Photo :Musées royaux des Beaux-Arts de Bruxelles
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2. Edouard Agneessens (1842-1885)
Portrait des enfants Colard ? 1874
Huile sur toile - 127 x 170 cm
Bruxelles, Musées royaux des Beaux-Arts
Photo :Musées royaux des Beaux-Arts de Bruxelles

Il a été acheté à la famille Geerinckx qui l’avait elle-même acquis auprès d’un marchand bruxellois. Cette étude est très proche de la peinture finale, seuls les visages ne sont pas détaillés. L’artiste a disposé ses modèles autour d’un canapé, dans une mise en scène dynamique, les uns debout, les autres assis, tandis que le premier plan est occupé par un grand chien noir allongé. Agneessens a su saisir la grâce de l’enfance dans les poses et les expression des quatre bambins, malicieux, alanguis, impatients ou distraits. Ce tableau rejoint au musée d’autres portraits du peintre, notamment deux enfants jumeaux, une mère et sa fille ou encore un adolescent endormi qui tous donnent l’impression au spectateur d"assister à la séance de pose : ils semblent saisis à un moment où ils ne s’y attendent pas, et pourraient presque être les personnages d’une scène de genre.
Edouard Agneessens fut avant tout connu pour ses talents de portraitiste. Il étudia à l’Académie de Bruxelles entre 1856 à 1865 et passa par l’atelier de Jean-François Portaels. Il fut ensuite l’un des fondateurs de la Société libre des Beaux-Arts en 1868 avant de partir pour Saint-Petersbourg en 1869-1870, où il réalisa plusieurs portraits, puis revint à Bruxelles.


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Alfred Stevens (1823-1906)
Camille Lemonnier
Huile sur toile - 61 x 48 cm
Musées royaux des beaux-arts de Belgique
Photo : Fondation du roi Baudouin

Autre tableau entré dans les collections, le Portrait de Camille Lemonnier par Alfred Stevens (ill. 3), acheté par la Fondation du roi Baudouin dans une collection privée à Paris, et mis en dépôt aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique. L’écrivain belge lit, accoudé devant la fenêtre presque à contre-jour, debout dans l’atelier de l’artiste, un lieu que Stevens représenta à loisir, par exemple dans un tableau de 1870 ou dans une toile de 1869 conservée aux musées royaux.
Le désordre, constitué d’objets personnels et d’objets exotiques éparpillés ça et là, donne doublement au spectateur l’impression de pénétrer dans les coulisses de l’œuvre : outre les plumes de paon, les herbes pampa, la sculpture de cheval, les livres, pipes et cartons à dessin, l’ombrelle et le masque du théâtre No trahissent l’intérêt du maître pour l’art japonais, tandis qu’au mur, un dessin affirme son admiration pour Dürer.
Camille Lemonnier, auteur d’un essai sur Alfred Stevens en 1906 décrit lui-même l’atelier du peintre, rue des Martyrs, le texte et la peinture se répondent :
« A travers la soie des rideaux filtrait une mince lumière : doucement, comme du bout des doigts d’une fée, elle effleurait l’ombre où dormaient des nacres, des ivoires, des bronzes, des cuivres, des laques fleuries de lotus, de roses et de fleurs de pommier.[...] Comme un lieu sacré, un efflux d’encens et de reliques, l’odeur mystique des robes de prêtres, le relent froidi des brûle-parfums signalaient la présence obscure des démiurges antiques et éternels. [...] Tout un peuple énigmatique aux plis des rideaux, aux feuilles des paravents, aux panneaux des armoires se grappait, s’enroulait, prenait son vol vers le dessin d’orchidées des hauts ibis, se convulsait avec le courroux ors et sang des dragons parmi des jardins divins, ocellés de paons et de floraisons rares. C’étaient l’Inde et le Japon, dans une vision d’art et un goût de collectionneur1 ».


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, mardi 15 mars 2016


Notes

1Camille Lemonnier, Alfred Steven et son oeuvre, Paris, 1906





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