Le Mauritshuis achète une nature morte de Roelandt Savery


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Roelandt Savery (1576-1639)
Nature morte de fleurs, 1615
La Haye, Mauritshuis
Huile sur panneau - 64 x 45 cm
Photo : Courtesy Colnaghi Gallery.

17/3/16 - Acquisition - La Haye, Mauritshuis - Conservateurs et directeurs de musées défilent à la foire de Maastricht qui se déroule jusqu’au 20 mars et certains annoncent le résultat de leurs emplettes. C’est une nature morte de Roelandt Savery que le Mauritshuis a ainsi achetée pour la bagatelle de 6,5 millions d’euros à la galerie Colnaghi (Londres) ; le musée en réalité l’avait acquise avant même le début de la Tefaf.

Peint en 1615, le tableau représente un vase de fleurs dans une niche en pierre. Plus connu pour ses paysages fourmillants d’animaux variés, Savery peignit aussi des natures mortes florales comme celle-ci, admirable pour la monumentalité de sa composition et la minutie avec laquelle chaque détail est rendu. Il l’a réalisée à son retour de Prague où il travailla à la cour de Rodolphe II de Habsbourg entre 1603 et 1613. Les fissures autour de la niche et la signature de l’artiste qui semble gravée dans la pierre participent à l’effet de trompe-l’œil renforcé par la position du vase qui dépasse légèrement du bord, évoquant, tout comme les fleurs elles-mêmes, la fragilité de la vie.
Le bouquet réunit des fleurs sauvages et des fleurs cultivées, qui ne s’épanouissent pas au même moment de l’année. Au milieu des pétales colorés, des épines et des ronces suggèrent qu’il ne faut pas se fier aux apparences. Autour du vase, s’agitent quelques insectes, un coléoptère, un lézard poursuivant une libellule.
L’artiste a peint d’autre bouquets selon la même formule : l’un se trouve au Victoria and Albert Museum, un autre est en dépôt au Frans Hals Museum, un troisième peint sur cuivre est à Utrecht. L’influence de Savery se retrouve par exemple chez Ambrosius Bosschaert comme en témoigne un tableau passé chez Sotheby’s ou encore chez Balthasar Van Der Ast.
Ce tableau rejoint au Mauritshuis les bouquets d’Ambrosius Bosschaert justement, et de Jacob de Gheyn, mais aussi deux peintures de Savery : Orphée charmant les animaux et une scène de genre avec des paysans qui dansent.


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, jeudi 17 mars 2016





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