Les Fragonard iront-ils dans un musée de province ?


20/05/17 - Trésors nationaux - Fragonard - Après avoir vu les deux tableaux de Fragonard (voir la brève du 15/5/17) chez Tajan (ce que nous n’avions pas encore eu le temps de faire), il est nécessaire de dire pour une fois à quel point le système des trésors nationaux, s’il est bien utilisé, peut être vertueux. Le grand département des peintures a ici parfaitement joué son rôle à deux titres : tout d’abord en reconnaissant que ces deux toiles sont incontestablement des trésors nationaux, c’est-à-dire des œuvres « présentant un intérêt majeur pour le patrimoine national au point de vue de l’art », ensuite - et c’est un point fondamental - en ne se posant pas la question uniquement pour le Louvre, mais bien pour toutes les collections françaises.
En effet, le musée parisien possède suffisamment de tableaux de Fragonard, pour ne pas souhaiter acquérir ceux-ci ; sans avoir exactement l’équivalent dans ses collections, il possède au moins trois tableaux de personnages dans des paysages qui s’en rapprochent : L’Orage, Cascatelles de Tivoli et Le Colin-Maillard.


JPEG - 345.4 ko
1. Jean-Honoré Fragonard (1732-1806)
Le Jeu de la palette, vers 1761
Huile sur toile - 75 x 93 cm
Œuvre ayant fait l’objet d’un refus de certificat d’exportation
Photo : SVV Tajan
Voir l'image dans sa page
JPEG - 378.9 ko
2. Jean-Honoré Fragonard (1732-1806)
La Bascule, vers 1761
Huile sur toile - 75 x 93 cm
Œuvre ayant fait l’objet d’un refus de certificat d’exportation
Photo : SVV Tajan
Voir l'image dans sa page

Dès que le classement trésor national a été décidé, il a été acté qu’il devrait se faire au profit d’un musée de province. Ce qui est donc également une très bonne chose, ce système ne devant pas être réservé uniquement aux musées parisiens. Un musée de région, déterminé à l’acquérir, profitera quoi qu’il en soit de la médiatisation importante de cette découverte qui devrait inciter les entreprises mécènes à financer l’acquisition car elles seront certaines d’un retour positif en terme de communication.

Pour revenir enfin sur les deux tableaux, nous avons été frappé par leur qualité et par leur bon état de conservation. L’un est sur sa toile d’origine tandis que le second a été rentoilé mais sans que cela écrase la couche picturale. La matière est généreuse comme peut l’être celle de Fragonard, et les coloris sont extrêmement subtils.
Signalons à cette occasion que le chef-d’œuvre absolu de Fragonard dans ce domaine du paysage animé de figures, La Fête à Saint-Cloud qui avait été exposée au Louvre en 2005 (voir la brève du 11/12/05), est actuellement présenté dans l’exposition Jardins au Grand Palais sur laquelle nous reviendrons très bientôt. Nous l’avons maintes fois écrit, redisons-le ici : il faut que ce tableau, propriété de la Banque de France (qui appartient donc à l’État), soit un jour définitivement déposé au Louvre.


Didier Rykner, samedi 20 mai 2017





imprimer Imprimer cet article

Article précédent dans Brèves : L’Ashmolean reçoit un portrait collectif de Dobson

Article suivant dans Brèves : Un portrait de Gérôme par Gérôme entre au Fitzwilliam Museum