Le retour de la Dormeuse de Naples recouverte par un Giordano !


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Luca Giordano (1634-1705)
Vénus (ou Ariane) dormant avec Cupidon et satyre, 1663
Huile sur toile - 137 x 190 cm
Naples, Museo Nationale di Capodimonte
Photo : Museo Nazionale di Capodimonte

12/5/15 - Fausse découverte - Ingres - Et revoilà la Dormeuse de Naples cachée derrière un Luca Giordano ! Décidément très obstinée, une obstination qui confine à l’obsession, Véronique Burnod continue à clamer haut et fort qu’elle a redécouvert le tableau d’Ingres sous un tableau de l’artiste napolitain qui ne serait qu’« une peinture de mauvaise facture » et donc un faux.

Nous renvoyons le lecteur à notre critique du livre qu’elle avait fait paraître en 2006 et aux réponses qu’elle avait tenu à nous faire.
Mais si nous nous voyons contraint de revenir sur cette affaire, c’est que va paraître dans le Bulletin du Musée Ingres, qu’on a connu mieux inspiré, un nouvel article où elle affirme, une nouvelle fois, à la suite d’analyses faites sur le tableau de Luca Giordano, que désormais : « L’examen des clichés ne laisse pas de place au doute ». Et manifestement, elle a informé de ses découvertes fracassantes des journalistes d’art puisque viennent de paraître un article dans Le Figaro sous la plume d’Éric Biétry-Rivierre (qui reste néanmoins prudent) et dans beaucoup d’autres quotidiens ou hebdomadaires qui reprennent telle quelle ou en la modifiant un peu une dépêche AFP. La prudence est nettement moins grande, et l’on apprend même dans Ouest-France ou sur le site belge 7/7 que le doute n’existe plus : « Un mythe de l’histoire de l’art se cachait sous nos yeux » pour l’un, « La Dormeuse d’Ingres était cachée par un faux tableau baroque » pour l’autre.

Curieusement, Véronique Burnod ne nous a pas fait part de ses nouvelles « découvertes », ce qui ne nous a pas empêché, bien sûr, d’en prendre connaissance. Et bien évidemment, rien ne tient.
Comme nous ne disposons pas des photographies, nous ferons court pour cet article, qui n’a comme objectif que de démentir, une fois de plus, une découverte qui n’en est pas une. La signature n’est pas une signature, les formes d’Ingres n’existent que dans l’esprit de Véronique Burnod. D’ailleurs, la caméra multispectrale de Lumière Technology qui a été utilisée pour les analyses étant particulièrement performante, si La Dormeuse de Naples se trouvait sous ce tableau, elle serait apparue sur leurs photos ou sur la radiographie qui n’a pas manqué d’être faite. Rien de tel, bien sûr. Raison pour laquelle l’auteur en est réduit à jouer au test de Rorschach et à interpréter des tâches.

Nous reviendrons sur cette affaire après la parution de l’article1 uniquement si cette hypothèse absurde, dont l’objectif avoué est tout simplement de décaper un tableau de Luca Giordano pour retrouver une chimère, devait être réellement prise au sérieux,


Didier Rykner, mardi 12 mai 2015


Notes

1Ou si Véronique Burnod consent à nous envoyer ses photos.





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