Le château de Sarcignan sauvé ?


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Château néogothique de Sarcignan
Photo : Société archéologique de Bordeaux

13/8/15 - Patrimoine - Villenave d’Ornon, château de Sarcignan - Il y a, aussi incroyable que cela puisse paraître, des municipalités qui ne s’obstinent pas dans leur volonté de détruire un monument, et qui peuvent être sensibles à la mobilisation que celui-ci entraîne. Ce n’est évidemment pas de Paris dont nous parlons ici, mais de la petite commune girondine de Villenave d’Ornon.

Nous avions publié il y a à peine plus de deux semaines une brève qui dénonçait un vandalisme annoncé, la destruction d’un joli petit château néogothique, pour construire à la place une maison des associations. Nous avions relayé le combat de l’association des architectes du patrimoine qui, par la voix de son président Rémi Desalbres, expliquait que cette démolition, outre son caractère révoltant, n’était ni nécessaire, ni utile. La SPPEF avait déposé un recours contre le permis de démolir, et une pétition en ligne a réuni en un temps record plus de 10 000 signatures (13 071 à l’heure où nous écrivons cet article) alors que la commune compte moins de 30 000 habitants.
Cette mobilisation a payé et même s’il faut rester vigilant, il semble certain désormais que le château ne sera pas détruit. Le premier adjoint, Michel Poignonec, a en effet reçu l’Association de défense du château, l’Association des amis du château de Sarcignan et l’Association des architectes du patrimoine et la Société archéologique de Bordeaux, et apparaissait comme sensible à l’ampleur de la mobilisation et aux retombées médiatiques de ce combat. Ses interlocuteurs l’ont trouvé à l’écoute et les annonces qu’il leur a faites vont toutes dans le bon sens. Le maire de la ville, Patrick Pujol, seul habilité à le faire, signera dès son retour de congés dans quelques jours l’annulation du permis de démolir. Dans un premier temps, le château sera donc conservé et il pourrait – ce point nous paraît essentiel, faute de quoi il serait toujours menacé – faire l’objet ultérieurement d’une réhabilitation. Les architecte choisis pour construire la maison des associations retravaillent leur projet pour la construire plus à l’écart dans le parc. Il aurait sans doute été plus judicieux de réutiliser le château, mais cela est inenvisageable pour la mairie car il faudrait selon elle reprendre le processus à zéro et dédommager les architectes lauréats du concours. La municipalité a accepté que l’association de défense du château1 soit présente à toutes les réunions concernant ce projet.

Chacun reste donc vigilant, mais la preuve est fait que malgré les mauvaises nouvelles récentes, il est possible de sauver des éléments patrimoniaux grâce à une mobilisation générale qui peut prendre plusieurs formes : pétition, recours juridiques, campagne de presse, manifestations… On ne gagne pas à tous les coups, mais ne rien faire équivaut à une défaite certaine. Raison pour laquelle il est important de soutenir les associations de protection du patrimoine en en devenant adhérent (les actions en justice sont coûteuses).


Didier Rykner, jeudi 13 août 2015


Notes

1Mise à jour 14/8/15 : Nous avions écrit, par erreur, qu’il s’agissait de l’association des architectes du patrimoine.





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