Un panneau de Giovanni da Rimini restera sur le territoire anglais


JPEG - 152.4 ko
Giovanni da Rimini (actif en 1292 - 1309/1314)
Vie sde la Vierge et de saints
Tempera sur bois, or - 52,5 x 34,3 cm
Londres, National Gallery
Photo : Sotheby’s

18/8/15 - Acquisition - Londres, National Gallery - Une œuvre de Giovanni da Rimini, qui risquait de sortir de Grande-Bretagne, restera finalement sur le sol anglais. Ce panneau peint, date du début du XIVe siècle et illustre des scènes de la vie de la Vierge et de plusieurs saints. Il se trouvait dans la collection des ducs de Northumberland au château d’Alnwick depuis 1853 avant d’être mis aux enchères le 9 juillet 2014 chez Sotheby’s et adjugé quelque 5 millions de livres. Le ministère de la Culture, sur la recommandation du Comité d’examen d’exportation des œuvres d’art1, signa une interdiction de sortie de territoire ; il ne restait plus qu’à trouver les fonds pour acheter la peinture...
C’est finalement l’Américain Ronald Lauder (fils de Joseph et Estée Lauder, créateurs de la célèbre marque de cosmétiques), riche homme d’affaires et amateur d’art, fondateur de la Neue Galerie à New York, qui a acquis l’œuvre et décidé de l’offrir à la National Gallery. Il la donne sous réserve d’usufruit, tout en acceptant que, de son vivant, elle soit exposée de temps à autre au musée (une fois tous les trois ans).
Cette solution, bien qu’inattendue, n’est pas inédite, puisqu’en 2004, la National Gallery recevait deux tableaux de Joseph Vernet offerts par David Koch selon une procédure comparable (voir la brève du 22/12/14).

Encore influencé par les modèles byzantins, le panneau de Giovanni da Rimini trahit déjà des recherches d’expression et de perspective, dans le sillon Giotto qui passa à Rimini et à qui il fut d’abord attribué. L’œuvre évoque les vies de la Vierge et de saints, formant l’aile gauche d’un diptyque dont la partie droite, aujourd’hui à la Galleria Nazionale d’Arte Antica à Rome, raconte des épisodes de la vie du Christ répartis en six petites sections carrées toutes de mêmes dimensions. Comme le remarque la notice du catalogue de vente, le panneau de la National Gallery dispose les différentes scènes de manière plus libre. En haut à gauche, l’apothéose de saint Augustin se déploie verticalement dans une composition divisée en deux parties, terrestre et céleste : en bas, l’entourage du saint déployé autour d’un tempietto, constate avec stupeur la disparition d’Augustin ; en haut, il est entouré de la Vierge, du Christ et d’anges.
Une autre section, également verticale, montre le couronnement de la Vierge, contemplé par une foule d’anges disposés en-dessous de la scène ; l’un d’eux est représenté de dos, avec une certaine audace.
Enfin, dans la partie inférieure du panneau, la Dispute de sainte Catherine, à gauche, semble s’inspirer des fresques de vie de saint François peintes par Giotto à Assise ; on retrouve à la fois le bras tendu et la niche architecturale visible dans Saint François prêchant au sultan.
A droite, le peintre réunit curieusement les saints François et Jean-Baptiste qu’il place dans un paysage montagneux et reprend là encore les fresques d’Assise, plus particulièrement François recevant les stigmates.


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, mardi 18 août 2015


Notes

1Reviewing Committee on the Export of Works of Art and Objects of Cultural Interest.





imprimer Imprimer cet article

Article précédent dans Brèves : Le château de Sarcignan sauvé ?

Article suivant dans Brèves : Un collier d’orfèvrerie offert au Rijksmuseum