Le Beaubourg Circus « pas cher » d’Alain Seban Contenu abonnés


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1. Vue extérieure du Centre Pompidou Mobile
Cambrai, mars 2011
Photo : Didier Rykner
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Parmi bien d’autres affirmations discutables, Alain Seban, nouvellement reconduit à son poste de président du Centre Pompidou, affirme sans rire dans Le Monde daté du 2/3/12 que la structure du « Centre Pompidou mobile » qu’il a mise en place n’est « pas chère ».
L’analyse des coûts réels de ce véritable Beaubourg Circus (une comparaison avec le cirque parfaitement assumée dans le dossier de presse et la communication envers le public) montre à quel point certains dirigeants de grands établissements ont perdu le sens commun et sont totalement déconnectés de la réalité de la plupart des musées français.

Les budgets mis en jeu pour ce Centre Pompidou mobile sont en réalité colossaux, surtout comparés au nombre d’œuvres exposées : quinze en tout et pour tout. Mais il est vrai que pour une institution qui laisse filer un don de 5,78 millions d’euros1, sans jamais reconnaître publiquement ni regretter son erreur, et sans en tirer les conséquences, tout cela n’est probablement « pas cher ».
Pas cher donc, les 2,5 millions d’investissement qu’a coûté la structure. C’est vrai, ce n’est même pas la moitié du prix d’un tableau de Lyonel Feininger.
Pas cher, les 400 000 à 500 000 € que coûte chaque venue du Centre Pompidou dans une ville2 ! Soit plus de la moitié du budget annuel total du Musée de Cambrai (715 000 €), et cinq fois plus que ce que celui-ci consacre chaque année pour ses expositions3 (80 000 €). Sur ces 400 000 €, la moitié a été financée par la région Nord-Pas-de-Calais dont on sait à quel point son président Daniel Percheron aime la culture paillette, et l’autre moitié par la ville elle-même.
Pour Alain Seban, 200 000 euros, ce n’est pour le coup vraiment pas cher. Mais pour des musées comme ceux de Chaumont4 et de Cambrai, il s’agit de beaucoup d’argent dépensé à fonds perdus, pour un « événement » qui durera seulement trois mois.

Il y a, dans…

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