Deux tableaux de Laurent Pécheux pour des musées français


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1. Laurent Pécheux (1729-1821)
Marie-Madeleine pénitente, 1768
Huile sur toile - 146 x 174 cm
Bourg-en-Bresse, Monastère royal de Brou
Photo : Didier Michalet
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5/2/18 - Acquisitions - Bourg-en-Bresse et Chambéry - Deux tableaux de Laurent Pêcheux, ce peintre français actif en Italie, puis à Turin qu’il ne quittera plus jusqu’à sa mort, et qui avait fait l’objet d’une rétrospective au Musée de Dole et à celui de Chambéry (voir l’article), viennent d’être acquis par des musées français.

Le souhait du Musée de Brou d’acheter la Madeleine de cet artiste avait été signalé dans la recension par Bénédicte Bonnet Saint-Georges de l’exposition consacrée à cette sainte (voir l’article). C’est désormais chose faite et ce tableau, acquis de la galerie Michel Descours, a désormais rejoint le musée de Bourg-en-Bresse1.
Datée de 1768, cette Madeleine a été peinte à Rome et porte la marque de l’influence de Pompeo Batoni avec qui il entretenait des relations d’amitié.
Tout est admirable dans cette œuvre : la composition équilibrée qui voit la diagonale que forme la sainte répondre à celle du rocher qui ferme la grotte, le raffinement extrême des coloris, du rose pâle de la carnation et du chemisier au jaune moiré da la robe de la Madeleine, le paysage qui ouvre la scène à droite ou encore les charmants chérubins dans les nuées.


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2. Laurent Pécheux (1729-1821)
Alexandre dans la tente de Statira tenant l’enfant
de Darius entre ses bras
, 1791-1792
Huile sur toile - 138 x 154 cm
Chambéry, Musée des Beaux-Arts
Photo : Galerie Benappi
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3. Laurent Pécheux (1729-1821)
La Mort d’Epaminondas, 1795
Huile sur toile - 138 x 155 cm
Chambéry, Musée des Beaux-Arts
Photo : RMNGP/T. Ollivier
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Le Musée des Beaux-Arts de Chambéry a également acheté une œuvre de Laurent Pécheux2 d’un style bien différent. La Madeleine porte encore la marque de l’art baroque, tout en se référant d’ailleurs également à celui de Corrège et de Baroche, tandis que l’Alexandre sous la tente de Statira tenant l’enfant de Darius entre ses bras (ill. 2), qui date de 1791-1792, est d’un classicisme évident. Cette toile, acquise auprès de la galerie italienne Benappi, vient rejoindre son pendant, La Mort d’Epaminondas (ill. 3), peint en 1795, qui était déjà conservé au musée depuis son don par Victor-Emmanuel II en 1850. On peut, bien sûr, voir dans ces deux tableaux la marque du néoclassicisme de Pécheux, fortement influencé par celui de Mengs, voire par David. L’artiste reste néanmoins dans la grande tradition de la peinture française du XVIIe siècle, la Mort d’Épaminondas s’inspirant évidemment de la Mort de Germanicus de Nicolas Poussin, tandis que le tableau nouvellement acquis renvoie à La Famille de Darius aux pieds d’Alexandre de Charles Le Brun.
Le tableau sera accroché dans le musée le 24 avril prochain en présence des conservateurs turinois et de la galerie Benappi, avec des conférences sur Pécheux et sur la galerie Beaumont du Palais Royal de Turin à laquelle ces deux œuvres étaient initialement destinées.


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4. Laurent Pécheux (1729-1821)
Clélie traversant le Tibre, 1787
Huile sur toile
Chambéry, Musée des Beaux-Arts
Photo ancienne
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5. Laurent Pécheux (1729-1821)
Mucius Scaevola, 1795
Huile sur toile - 290,1 x 395 cm
Chambéry, Musée des Beaux-Arts
Photo : Giroud
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On se félicite évidemment de cet achat par Chambéry, mais on aimerait aussi qu’un jour prochain deux grands tableaux de Pécheux, Clélie (ill. 4) et Mucius Scaevola (ill. 5), offerts par Victor-Emmanuel II en même temps que la Mort d’Epaminondas et restés roulés dans les réserves du musée, puissent être restaurés et exposés au Musée des Beaux-Arts ou dans un autre lieu.


Didier Rykner, lundi 5 février 2018


P.-S.

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Notes

1Achat par la ville de Bourg-en-Bresse avec l’aide de l’État au titre du Fonds du patrimoine, de la Région Auvergne Rhône-Alpes, et de la DRAC Auvergne Rhône-Alpes.

2Grâce à l’aide du Fonds du Patrimoine, de la Région Auvergne Rhône-Alpes et des Amis des musées de Chambéry.





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