Deux peintures de Pauline Auzou offertes au Musée de Bourg-en-Bresse


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1. Pauline Auzou (1767-1838)
Novès et Alix de Provence, 1816
Huile sur toile - 38,8 x 46,9 cm
Bourg-en-Bresse, Musée de Brou
Photo : Galerie Michel Descours
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13/11/17 - Acquisitions - Bourg-en-Bresse, Musée de Brou - Alors que le Musée de Brou présente actuellement une exposition Georges Michel dont nous parlerons bientôt, on peut voir sur ses murs deux toiles offertes fin 2015 mais dont nous n’avions pas encore parlé.

Depuis de nombreuses années, le musée de Bourg-en-Bresse s’est constitué une importante collection de tableaux troubadours. Ceci avait abouti à l’organisation, en collaboration avec le Musée des Beaux-Arts de Lyon, lui aussi riche en œuvres de ce courant, d’une exposition consacrée à la peinture d’histoire dans la première moitié du XIXe siècle, et notamment à ce genre, « L’Invention du passé » (voir l’article). C’est à la suite de cette exposition que Michel Descours a offert deux tableaux de Pauline Auzou qui, contrairement aux apparences (mêmes dimensions, et même cadres), ne sont pas des pendants. Ils ont en effet été peints à dix-huit ans de distance, en 1816 et en 1834.

La première peinture, exposée au Salon de 1817, représente Novès et Alix de Provence, un sujet qui serait d’après Landon tiré d’un roman mais dont nous n’avons pas trouvé l’origine et dont nous ne connaissons pas d’autres exemples peints. Le livret du Salon le décrit ainsi « Novès, jeune troubadour, s’était introduit dans l’oratoire de la jeune comtesse, et se disposait à lui chanter une romance ; la nourrice d’Alix veut le faire sortir. La jeune personne cherche à l’adoucir par ses caresses, et Novès parvient à la gagner en lui laissant voir une croix d’or dont il orne son chapelet ». L’œuvre présente toutes les caractéristiques du genre troubadour : scène historique relevant de l’anecdote, petite taille, peinture fine et porcelainée,


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2. Pauline Auzou (1767-1838)
Scène de l’époque d’Henri II, 1834
Huile sur toile - 38,8 x 46,9 cm
Bourg-en-Bresse, Musée de Brou
Photo : Galerie Michel Descours
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Le sujet de la seconde œuvre, signée et datée 1834, est encore mal identifié. Le musée la présente comme une « Scène de la Renaissance » et il est possible de voir dans le personnage masculin la figure d’Henri II. La fiche de la galerie Descours propose de voir dans la princesse tournant les pages du livre la fille aînée de ce roi, Elisabeth de Valois, future reine d’Espagne, et dans celle plus jeune Marguerite, la future reine Margot. Le tableau est particulièrement intéressant en raison de sa date tardive et de son style. Pauline Auzou, en effet, avait exposé régulièrement au Salon entre 1793 et 1822 puis semble avoir cessé son activité de peintre pour se consacrer à l’atelier de jeunes filles qu’elle avait créé quelques années plus tôt. La manière est différente de la toile précédente. Si tout (taille, sujet et composition) rappelle encore la peinture troubadour, le style plus esquissé est en revanche plus proche de celui des romantiques tels qu’Eugène Devéria, Alfred Johannot ou Robert-Fleury.

Pauline Auzou fut comme de nombreuses femmes peintre de cette époque - Henriette Lorimier, Albertine Clément-Hémery ou Rosalie Caron (dont le musée a acquis récemment deux tableaux) - une élève de Jean-Baptiste Regnault. Elle fut essentiellement peintre d’histoire, de genre et portraitiste. Ce don permet au Musée de Bourg-en-Bresse d’être un des rares musées français, avec le château de Versailles, à pouvoir montrer ses œuvres.


Didier Rykner, lundi 13 novembre 2017





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