Le trésor de la cathédrale d’Angoulême pillé par des voleurs


13/11/17 - Vol d’œuvres d’art - Angoulême, cathédrale - C’est une véritable série noire qui touche ces jours ci les églises françaises, puisque pas moins de trois (au moins) ont eu à déplorer des vols d’œuvres d’art. Nous n’en avions pas parlé car nous n’étions pas au courant, mais le 24 octobre dernier, l’église de Lachapelle-sous-Rougemont dans le Territoire de Belfort s’est fait dérober vingt-et-une pièces d’orfèvrerie. Le prêtre n’a pu que constater en fin d’après-midi que la porte de la sacristie avait été forcée et que les objets avaient disparu. C’est le journal L’Est républicain qui nous apprend cette nouvelle et qui a publié sur son site les photographies de trois de ces œuvres.


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1. Couronne du Christ d’Obezine
Volée dans la nuit du 11 au 12 novembre 2017
Photo : DRAC Nouvelle-Aquitaine/CRMH-site de Poitiers
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2. Couronne de la Vierge d’Obezine
Volée dans la nuit du 11 au 12 novembre 2017
Photo : DRAC Nouvelle-Aquitaine/CRMH-site de Poitiers
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Dans la nuit du 6 au 7 novembre, ce sont huit tableaux qui étaient volés à l’église Saint-Jacques de Dieppe comme nous le disions dans notre brève du 9/11 dernier que nous mettons à jour régulièrement pour y publier de meilleures photos des toiles.
Et, dans la nuit du 11 au 12 novembre, des individus sont entrés dans la cathédrale d’Angoulême par effraction et ont volé un grand nombre d’objets. Le conservateur des monuments historiques que nous avons contacté pour lui demander la liste des œuvres volées nous a dit que la police, dans ce cas précis, ne voulait pas que l’information sur la quantité d’objets volés ni sur leur nature soit communiquée. Nous n’avons donc la confirmation du vol que de deux objets, la Couronne du Christ d’Obézine (ill. 1), qui date de 1919, et la Couronne de la Vierge d’Obézine (ill. 2).
Le trésor de la cathédrale était ouvert depuis le 20 novembre de l’année dernière après des travaux et une muséographie - à notre sens bien inutile - confiée à l’artiste français Jean-Michel Othoniel. Le trésor est bien entendu fermé pour l’instant au public.
Rappelons - nous n’en avions pas parlé sur le site - qu’en mai dernier la couronne de la Vierge du Musée de Fourvière à Lyon, datant de 1899 et particulièrement précieuse, non seulement par les diamants qui la sertissait mais aussi par son histoire (elle avait été financée par les Lyonnais en remerciement de la protection de la Vierge pendant la guerre de 1870) avait été également volée.

Alors que les vols d’œuvres d’art ont tendance à baisser depuis plusieurs années comme nous l’ont confirmé plusieurs policiers (dont l’ancien chef de l’OCBC que nous avions reçu dans notre émission de La Tribune de l’Art), ces actes criminels récents montrent qu’il faut être toujours vigilant. On remarquera par ailleurs que pour deux de ces vols (Angoulême et Dieppe), l’église était fermée, tandis que dans le troisième (Lachapelle-sous-Rougemont), la porte de la sacristie était également close. Ce n’est donc pas l’ouverture des églises au public qui est en cause, dans ces vols par effraction. Nous pensons - et comme nous l’annoncions nous y reviendrons - que des églises ouvertes constituent au contraire une protection contre le vol, tout comme une publication large des œuvres dans des bases de données. En revanche, il est évident que des mesures simples de sécurisation devraient être prises. Dans le cas de la cathédrale d’Angoulême, des alarmes équipaient le trésor, qui ont fonctionné, et qui ont amené les équipes de sécurité à intervenir, mais trop tard. Il est regrettable néanmoins qu’il n’y avait pas eu de caméras de surveillance. Alors qu’un peu partout celles-ci se multiplient dans les rues (un développement dont l’utilité est parfois contestée), on peut se demander pourquoi un endroit aussi sensible que celui-ci n’en avait pas.

On se demande aussi si la ministre de la Culture a conscience de l’impression que peut donner son absence totale de parole sur cette question. Alors qu’elle passe son temps à tweeter sur tout et n’importe quoi, sauf sur les monuments historiques et les musées (à l’exception bien sûr du Louvre Abu Dhabi), il aurait peut-être été de bon ton de dénoncer ces atteintes grandissimes au patrimoine français. Mais signaler qu’elle visite la foire Paris Photo (alors qu’elle ne s’est même pas déplacée pour le Salon du Patrimoine ou pour Fine Arts Paris) est sans doute beaucoup plus important.


Didier Rykner, lundi 13 novembre 2017





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