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Veronese. Miti, ritratti, allegorie et Primaticcio. Un Bolognese alla corte di Francia. Répliques italiennes des expositions parisiennes

Venise, Musée Correr, du 13 février 2005 au 29 mai 2005.

En matière de grandes expositions, il est d’usage depuis quelque temps d’en voir circuler certaines de ville en ville et d’institutions en institutions, en Europe mais aussi outre Atlantique. L’intérêt de ces mouvements d’œuvres, voire de collections prestigieuses, méconnues ou inédites, est sans doute qu’ils permettent à un plus large public (de professionnels ou d’amateurs) d’y avoir accès. On ne peut cependant résumer ces initiatives à cette heureuse conséquence. On serait tenté d’associer ce phénomène à l’actuelle politique « d’expansion » des grands musées ou d’autres célèbres institutions culturelles – même si, bien entendu, la circulation des grandes expositions est une pratique courante, depuis longtemps. Les deux événements que nous nous proposons d’analyser constituent de mauvais plaidoyers pour cette pratique. Bologne accueillait jusqu’au 10 avril une version fort réduite et confuse de l’extraordinaire exposition du Louvre, où l’on avait pu admirer une série impressionnante de dessins, tandis qu’à Venise, le Musée Correr, très prochainement agrandi, sert de cadre aux toiles « profanes » de Véronèse, moins nombreuses qu’à Paris, mais sans doute parce que les motivations paraissent ici encore peu consistantes.
Cette exposition, présentée dans une première version au Musée du Luxembourg, met en relief un vaste pan de l’énorme production de Paul Véronèse, un artiste sans doute moins apprécié aujourd’hui qu’il ne l’était à son époque et durant le XVIIe et XVIIIe siècles. En se concentrant sur les « mythes, portraits, allégories », l’événement entend donc illustrer l’attrait du peintre vis-à-vis des thématiques profanes qui caractérisaient l’école vénitienne selon les critiques du XVIIe siècle.
La logique et la motivation de l’exposition demeurent assez obscures. En effet, tandis que l’on montrait des « œuvres profanes » à Paris, pourquoi réduire le corpus exposé à des mythes, des portraits ou des allégories à Venise ? D’autant qu’un bref examen trahit quelques incohérences : peut-on considérer le panneau représentant San Menna comme une œuvre profane ? On serait tenté de croire que les organisateurs souhaitaient combler une partie manquante du long panneau installé dans la grande Salle de Bal de l’Aile Napoléonienne !
Mais sans nous attarder sur ces prémices inhérents à un événement manifestement peu scientifique (même si le comité d’organisation est de haute tenue), abordons directement les œuvres extraordinaires de Véronèse. Les expositions monographiques dédiées à cet artiste sont assez rares et la trentaine de peintures ici présentées ont des provenances assez diverses, pour notre plus grand plaisir.

La première salle pose d’emblée le problème de cette exposition : on y trouve réunies, outre le tableau déjà mentionné de San Menna, virtuellement replacé dans son lieu d’origine [1], une série assez peu cohérente de portraits, d’allégories et une scène mythologique. Selon quelle logique les deux commissaires ont-ils réuni la grande toile…

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