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Romantics
Londres, Tate Britain, du 9 août 2010 au 31 juillet 2011
Les collections de la Tate sont si vastes qu’elle peut se permettre sans difficulté d’organiser simultanément deux belles expositions sur des sujets connexes – où nombre d’auteurs sont présents par leurs tableaux et dessins à la fois dans l’une et l’autre. Il est clair en effet que le thème du sublime (voir l’article) et celui du romantisme se recoupent en bien des occasions – et les notices de Romantics ne se privent d’ailleurs pas de faire allusion à la dimension « sublime » de nombreuses œuvres, présentées dans les salles de la Clore Gallery, habituellement consacrées à Turner. Est-il besoin de le préciser dans ce musée qui s’appela initialement National Gallery of British Art ? – il s’agit ici, cela va de soi, de romantisme britannique.
Les salles de l’exposition ont été confiées à des commissaires différents, et David Blayney Brown, dont le texte mural explicatif accueille le visiteur dans la vaste première salle, est naturellement conscient de la difficulté de cerner le « romantisme ». Son argument se tient. On a conservé le mot « faute d’en trouver un meilleur » pour décrire les préoccupations des penseurs, des écrivains et des artistes exprimées avec une intensité particulière à un moment bien précis de l’histoire : liberté et droits de l’individu, puissance créatrice de l’esprit humain et notre rapport au monde naturel [1]. Poursuivant sur le ton modeste qui sied à une telle entreprise, il explique sa démarche en des termes qui ne peuvent qu’emporter l’adhésion du public, en précisant bien que son accrochage ne cherche pas à être le dernier mot en la matière, mais à donner à voir des artistes et des œuvres d’art dont la vision, l’imagination ou l’expression reflètent ces préoccupations, souvent d’ailleurs par des voies étonnamment différentes [2].
Le Déluge, 1787
Huile sur toile - 181 x 233,1 cm
Londres, Tate Britain
Photo : Tate Britain