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Paul Sibra, peintre du Languedoc, Castelnaudary, 1889-1951

Les ferveurs régionales, voire régionalistes – puisse le terme ne pas signifier à l’avenir trop de repli culturel ! – ont tout leur fruit. Il faut à l’évidence les encourager, les perfectionner, les pérenniser par la diffusion de l’image et par l’étude historique, sans craindre même de les confronter à une vision de l’histoire de l’art élargie. C’est à quoi se sont par exemple attelés les historiens et amateurs d’art du Languedoc, en l’occurrence le pays du Lauragais, en s’attachant récemment à faire connaître – et reconnaître – un de ses artistes phare, Paul Sibra (1889-1951), peintre et illustrateur natif de Castelnaudary, par le biais d’une exposition qui s’est tenue au musée de Lavaur (mai-septembre 2016). Effort prolongé – là est l’essentiel – dans une ample monographie due à Paul Ruffié, conservateur dudit musée, publiée au même moment chez Privat, la fameuse maison d’édition de Toulouse qui s’intéresse, on le sait, aux réalités régionales du Sud-Ouest [1]. – Pour une fois que l’on ne se borne pas à une expéditive mise en ligne numérique ! En 1992 déjà, les musées de Carcassonne et de Narbonne – que l’on salue à cet égard les démarches pionnières de leurs conservateurs respectifs, Marie-Noëlle Maynard et Jean Lepage – avaient su attirer l’attention sur cet artiste encore peu connu hors d’un certain contexte local. Par chance, la démonstration de 1992 pouvait profiter d’une fort estimable recherche universitaire de Marie-Béatrice Jeanjean-Marty, auteur d’un mémoire de maitrise assorti du catalogue complet de l’œuvre de l’artiste, soutenu quatre ans auparavant à l’université Paul Valéry-Montpellier III (on ne dira plus que ce genre de travail est voué à rester purement confidentiel !) [2]. Étaient ainsi présentées quelque cinquante-six peintures de Sibra, toutes reproduites (43 en couleurs) et commentées par cette historienne d’art avec le concours ponctuel de Jean Lepage qui préfaçait en outre le catalogue de l’exposition en question.


1. Paul Sibra (1889-1951)
Portrait de Prosper Estieu, 1927
Huile sur toile – 180 x 182 cm
Salon-de Provence, musée de Salon et de la Crau
Photo : Christian Breton, Salon-de-Provence
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Quant à la monographie de Paul Ruffié [3], remarquablement documentée sur le plan biographique, d’autant qu’elle exploite des textes de l’artiste même – un Journal inédit entre autres –, et commodément organisée sous une forme chronologique (quoi de plus efficient !), elle met comme il convient l’accent sur la militante occitanie du peintre, hommage étant rendu par exemple au passionné félibre Prosper Estieu (1860-1939) qui se détache très symboliquement sur le site de Montségur (tableau conservé au musée de Salon-de-Provence (ill. 1) et esquisse, coll. part., p. 84), sans omettre bien d’autres relations languedociennes de Paul Sibra, en premier lieu le chanoine Gabriel Sarraute [4] (1893-1991) à la si bénéfique influence et l’abbé Joseph Salvat (1889-1972), ardent partisan – à la fois professeur…

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