Patrimoine africain : le mythe des 90 %

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Julien Volper est conservateur au Musée royal de l’Afrique centrale (Tervuren, Belgique) et Maître de conférences en Histoire de l’art de l’Afrique à L’Université Libre de Bruxelles.
Il s’exprime ici à titre personnel.

« Lorsqu’il s’agit de chiffres, un élément psychologique supplémentaire, et qui est capital : c’est que le doute, devant le chiffre, se trouve atténué, effacé même parfois par le prestige que le chiffre dégage. Le chiffre a, en soi, une autorité incontestable : il inspire le respect. Même lorsqu’il est absolument arbitraire et fantaisiste, il donne l’impression, par sa précision, de posséder des soubassements [1] ».

1. Franck Riester
Ministre de la Culture
Photo : Actualitté (Wikimédia CC BY-SA 2.0)
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Le 15 décembre 2019, le ministre français de la Culture, Franck Riester, tweetait : « L’engagement d’Emmanuel Macron de restituer au Bénin les 26 œuvres sera tenu [2] ».
Autant de certitude dans les propos du ministre signifie-t-il que la Commission scientifique nationale des Collections est censée soutenir sans regimber le vœu présidentiel ou bien que le gouvernement a déjà délibérément choisi de se passer de son expertise [3] ? Une troisième possibilité est que le ministre, homme de son temps, utilise les réseaux sociaux pour faire du buzz.
Quoi qu’il en soit, il est certain que, afin de justifier cette attaque contre les institutions gestionnaires des collections nationales, le gouvernement a sorti le joker moral en s’appuyant sur le fait que les 26 pièces en question font partie d’un butin, fruit de la campagne militaire d’Abomey [4].

Tout objet muséal français acquis par voie de guerre en territoire étranger serait donc susceptible d’être rendu. Si l’inaliénabilité des collections nationales françaises était jadis gravée dans le marbre, il semble qu’une pluie acide macronienne s’y attaque sérieusement sous le regard attentif des autres pays.
Ainsi, durant le premier trimestre de l’année 2019, la Chambre des Représentants de Belgique adoptait une résolution demandant au gouvernement fédéral « d’entamer un dialogue avec l’État français portant sur la problématique des œuvres picturales majeures du patrimoine artistique de Flandre, de Wallonie et de Bruxelles translocalisées en France [5] ». La lecture de la résolution montre qu’un parallèle très clair est fait entre le cas béninois et le cas belge en ce qui concerne la « translocation [6]. L’expression « ouvrir la Boîte de Pandore » qui fut à de nombreuses reprises utilisée pour évoquer les conséquences logiques du processus des restitutions trouve ici tout son sens et se concrétise.
Toutefois, les musées français auraient tort de s’inquiéter car, aux dires de certains, le cas africain serait spécifique en soi et ne souffrirait aucune comparaison avec des réclamations de pays d’Europe visant des collections européennes.

Sur quoi se base donc l’argumentaire selon lequel il existerait une exception historique africaine justifiant des dérogations particulières, fussent-elles illégales au regard de la loi française et des conventions internationales ? Mieux vaut, ici, laisser parler Bénédicte Savoy et Felwine Sarr qui s’appuient : « …sur le constat, souvent formulé par les experts, selon lequel la quasi-totalité du patrimoine matériel des pays d’Afrique situés au sud du Sahara se trouve conservée hors du continent africain. C’est ce constat, cet abîme entre le nombre d’objets en Europe et en Afrique même, qui définit et mesure la spécificité du cas africain [7]. »
Deux remarques doivent être formulées face à cet argument quantitatif choc.
D’abord, selon Bénédicte Savoy et Felwine Sarr, ce n’est pas tant le « crime » (le butin de guerre ou la colonisation) que la quantité d’objets prélevés qui permettrait de rendre légal un jugement rétroactif. Raisonnement curieux s’il en est au regard de la loi et même de la simple logique.
Ensuite, il s’agit ni plus ni moins de s’interroger sur l’origine et la véracité de cette perte patrimoniale africaine qui se situerait, selon les auteurs du fameux rapport sur la restitution, aux alentours des 90 %.
Ce chiffre de 90 %, largement relayé à défaut d’être étayé, ne date pas d’hier puisqu’il apparaît en 1965 sous la plume du Béninois Paulin Joachim dans un article paru dans le Magazine Bingo intitulé Rendez-nous l’Art nègre. Toutefois c’est bien un autre Béninois, Alain Godonou, cité par Bénédicte Savoy et Felwine Sarr dans leur rapport, qui est à la base de la diffusion de ce chiffre. Il disait, en 2007, à l’occasion du Forum de l’UNESCO sur la mémoire et l’universalité : « Statistiquement, je pense qu’on peut dire en faisant la somme des inventaires des musées nationaux africains, qui tournent autour de 3 ou 5 000 (objets) quand c’est des grosses collections, que 90 à 95 % du patrimoine africain sont à l’extérieur du continent dans les grands musées. »

Ces chiffres d’Alain Godonou font l’effet d’une bombe, mais la réalité qu’ils recouvrent ressemble plus à un pétard mouillé.
Il existe en Afrique, comme en Europe d’ailleurs, de petits musées ayant moins de mille objets en collection [8]. On évoquera ainsi les différents musées des Grassfields camerounais, par exemple ceux de Foumban, de Bafut ou de Mankon [9].
Cependant, il existe aussi d’autres musées africains qui dépassent largement les quelques milliers de pièces qui définissent une « grosse collection » selon Alain Godonou. Ainsi, au moment de l’indépendance, le musée de l’IFAN (Institut Français/Fondamental d’Afrique Noire) à Dakar comptait approximativement 10.000 pièces. Par la suite, de nombreuses pièces « disparurent mystérieusement » des collections de ce musée, notamment la très belle terre-cuite archéologique découverte en 1943 sur le site de Kaniana (Mali) par Théodore Monod et qui figure dans l’ouvrage Afrique Noire la Création Plastique (1967) de Michel Leiris et Jacqueline Delange. On évoquera aussi le Musée des civilisations de Côte d’Ivoire à Abidjan et le Musée national du Burkina Faso dont les collections comportent 14 000-15 000 pièces chacun. Notons que le musée d’Abidjan trouve ses origines à l’époque coloniale et qu’il fut largement pillé lors de la crise politique de 2011 (voir cet article de L’Express). De plus gros musées encore existent en Afrique comme le Nigerian National Museum de Lagos (45 000 pièces en réserves) ou l’Institut des Musées Nationaux du Congo dont les collections peuvent être évaluées, au bas mot, aux alentours de 30 000 objets.
En parallèle, on pourra évoquer aussi le cas des musées très riches qui existaient durant la période coloniale et qui ont fermé après les indépendances. C’est le cas du Musée de la Vie Indigène de Léopoldville (près de 7000 objets dans les années 1950). Ce musée, créé par des Belges en 1936, fut fermé en 1965 et la majeure partie de ses collections fut dispersée en dehors du Congo de manière assez peu régulière.

Ces quelques exemples évoqués suffisent à montrer que les éléments qui fondent l’annonce d’Alain Godonou ne sont pas corrects. L’auteur ne dévoile ou n’identifie d’ailleurs aucune des sources à l’origine de ce chiffre. Néanmoins, ne nous arrêtons pas en chemin et attelons-nous maintenant à préciser ce qu’Alain Godonou entend par patrimoine africain.
À première vue, pour ce chercheur, il n’est de patrimoine que muséal. Il ne saurait donc être question de sites et de pièces archéologiques, lesquels ne préoccupent pas davantage Bénédicte Savoy et Felwine Sarr dans leur rapport. Pourtant, en ce qui concerne l’archéologie, tout reste à faire pour exhumer et étudier ce patrimoine encore majoritairement enfoui.
Prenons un premier exemple. Entre 1983 et 1985, l’IRSH (Institut de Recherches en Sciences Humaines) du Niger, par le biais d’un financement français, entamait les fouilles de la nécropole de Bura-Asinda-Sikka dont sortirent des trésors archéologiques qui ont rejoint les collections nationales nigériennes. Par la suite, par absence de financement, les campagnes de fouilles ne furent pas poursuivies…ce qui n’empêcha pas les fouilles clandestines et le pillage de sites par des habitants de la région. Rappelons-le, les artefacts archéologiques sont ignorés dans le rapport Savoy-Sarr ; peut-être les auteurs considèrent-ils qu’il ne s’agit pas là d’un patrimoine culturel ?
Il faut reconnaître que l’archéologie en Afrique n’est pas plus une préoccupation essentielle des gouvernements africains que français en ce moment. Ainsi, le gouvernement Macron fait consciencieusement mourir le volet international de l’INRAP à petit feu. L’archéologie préventive … encore un supplément d’âme inutile sans doute ? Surtout au Bénin où, actuellement, la construction via des fonds chinois d’un pipe-line menace de détruire de nombreux sites [10].
Passons sur l’archéologie et évoquons rapidement un autre type de patrimoine : les objets ethnographiques contemporains. Si l’on parle de masques, des pays comme la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, le Congo ou la Zambie ont encore de fortes traditions masquées. Ces objets, dont les créateurs sont encore vivants, pourraient être mieux étudiés que nombre d’exemplaires collectés durant la période coloniale et pourraient intégrer avec clarté les collections des musées nationaux. Pourtant, ils ne suscitent manifestement que très peu d’intérêt de la part des musées locaux, alors que ces objets d’aujourd’hui seront l’art classique de demain.
On évoquera aussi le cas précis des œuvres béninoises se rattachant à la religion vodoun produites après l’indépendance du pays. Depuis plus de dix ans des pièces de grande qualité ne sont pas achetées par les musées de ce pays mais, en toute légalité, par des marchands européens.
Mais peut-être, comme pour l’archéologie, ne s’agit-il pas d’un patrimoine africain digne d’être conservé et exposé sur place ?
D’autres exemples relatifs à la nature du patrimoine matériel africain à collecter et/ou préserver doivent aussi être cherchés dans des domaines tels que l’architecture ou la peinture contemporaine. Pour ce qui concerne cette dernière, il faut remarquer que sa protection passe parfois par les Bulldozers [11] au Bénin.

On pourrait aussi parler plus en détail des musées européens - ceux principalement ciblés par le trio Sarr-Savoy-Godonou comme « lieux de recel » : j’ai développé cet aspect dans la vidéo d’une communication intitulée La méconnaissance des collections ethnographiques muséales et la question des restitutions [12] lors d’un colloque organisé par l’IFCP (institut français de
Conservation préventive) en novembre 2019. Sans entrer dans les détails, une réflexion sur la nature des collections ethnographiques européennes remet en cause l’idée qu’elles contiennent « 90 % du patrimoine africain », qui a été forgée à partir d’une estimation biaisée et d’une conception étrange des richesses patrimoniales de l’Afrique, avant d’être martelée ad nauseam. L’argument du particularisme africain qui permettrait de se servir illégalement dans les musées français s’effondre alors, et avec lui la possibilité de limiter ces pratiques douteuses aux seuls objets africains afin d’éviter l’effet « Boîte de Pandore ».
Cette propagande mensongère est inacceptable et les députés ou sénateurs de tous bords doivent comprendre que s’ils acceptent de lâcher quelques pièces africaines, ils ne se contenteront pas de céder au politiquement correct à bon compte.
Ils seront véritablement complices d’une décision présidentielle arbitraire aux conséquences désastreuses pour les collections nationales.

2. Emmanuel Macron
Président de la République
Photo : Leweb 2014 (CC BY SA-2.0)
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Pour finir, on posera une dernière question touchant à la problématique de la constitution d’un patrimoine muséal en Afrique. Quid du rôle que peut jouer le marché de l’art ?
Dans leur rapport, Bénédicte Savoy et Felwine Sarr n’envisagent à aucun moment de constituer des collections africaines autrement qu’en visant les collections des musées des pays européens. L’achat d’objets n’a même pas été envisagé et ils n’ont d’ailleurs contacté aucun acteur dudit marché.
Le marché de l’art propose pourtant de nombreux objets africains venant de tous les pays du continent [13]. On trouve ainsi des pièces d’Afrique sub-saharienne de qualité et d’intérêt muséaux pour moins de 5 000€. Une institution privée comme « Le Petit Musée de la Récade » de la commune d’Abomey-Calavi, créée et financée par plusieurs galeristes parisiens dont Robert Vallois et Bernard Dulon [14], a composé entièrement les collections présentées par des achats sur le marché. Cet exemple concret n’a suscité aucun intérêt de la part du gouvernement français ou des deux rapporteurs.
Pourtant, des achats gouvernementaux intelligents peuvent être des symboles forts. Par exemple, c’est grâce au marché de l’Art et non par la spoliation de collections muséales, que le Président Jacques Chirac put offrir au gouvernement algérien le sceau du Dey d’Alger, que l’Elysée avait acheté en 2002 [15].
Puisque le Président Macron souhaite résoudre le « problème patrimonial » africain, il pouvait, en moins de cinq ans, le faire en initiant des acquisitions d’objets [16]. Cela en s’appuyant financièrement, par exemple, sur certains organismes d’État comme l’AFD qui, en 2018, annonçait 5,3 milliards d’euros d’engagement en Afrique. Reconnaissons cependant que l’AFD intervient déjà dans des projets culturels sur le continent. Elle injecte en effet douze millions d’euros [17] - une somme équivalant à la moitié de celle rapportée par le Loto Patrimoine de Stéphane Bern - dans la création d’un musée au Bénin qui devrait servir d’écrin à la vingtaine de pièces que le Président Macron veut restituer. On résumera la situation en disant que lorsqu’il s’agit de démontrer que les Béninois ont la volonté et la capacité d’accueillir des objets des collections nationales françaises qu’Emmanuel Macron souhaite leur « restituer », en toute illégalité, le mieux est d’offrir d’abord au Bénin un musée devant servir de preuve de leur capacité d’accueil [18] !
Comme dit le proverbe, « On n’est jamais mieux servi que par soi-même ».

Le choix surprenant du Président de la République de puiser dans les collections africaines des musées nationaux conduit à s’interroger sur le but réel de la croisade culturelle qu’il entend mener et pour laquelle il porte la voix d’organismes comme le CRAN [19]. On comprend aisément que la motivation d’Emmanuel Macron « défenseur des restitutions » n’est pas de constituer un ensemble muséal africain dynamique, qui se fonderait sur d’autres pièces que celles conservées dans les musées européens. Il s’agit bien d’un acte ancré dans une démarche politique de réparation qui n’a, en définitive, que peu de liens avec ce monde de l’art et des musées auquel Emmanuel Macron n’a que peu d’attachement et qu’il ne comprend, pour ainsi dire, pas.
Mais s’agit-il véritablement par ces « restitutions » de changer les rapports France-Afrique ou bien, sous couvert de l’alibi moral du cas africain, de s’attaquer sournoisement au caractère inaliénable de l’ensemble des collections nationales ; de faire du cas béninois un galop d’essai pour une progressive « privatisation » des collections nationales, les rendant cessibles et non plus patrimoine inaliénable de la nation ?
Après tout, ce patrimoine constitué au fil des années, préservé dans les musées français et protégé par la loi échappe - mais pour combien de temps encore ? - à ce très libéral président. Il pourrait bien représenter à ses yeux un « pognon de dingue » et, opportunément, une caisse à petits cadeaux diplomatiques qu’il serait vraiment bête de laisser inexploitée.
Nous nous contentons ici de poser la question.

Julien Volper

Notes

[1Phrase extraite de l’article de l’historien Jean Stengers (2004, p. 221) : De la créance accordée aux chiffres sans valeur.

[2Information reprise dans certains articles de journaux (voir par exemple ici. On a appris également récemment que le Bénin demanderait encore quelques pièces supplémentaires à l’État français en sus des 26 initialement listées (voir ici).

[3Rappelons qu’il a prévu de s’en débarrasser.

[4Sur laquelle il y a beaucoup à dire…et surtout à nuancer (voir cet article).

[5Voir ici.

[6Un néologisme cher à Bénédicte Savoy, un des deux rapporteurs choisis par Emmanuel Macron pour le dossier des restitutions africaines (voir ici). » patrimoniale.
Cela n’est en soit pas surprenant et même très logique. En effet, à partir du moment où la France s’engage à rendre des prises de guerre au Bénin, il n’y a pas de raison qu’elle ne le fasse pas pour d’autres pays, comme la Belgique, et se dessaisisse, pour commencer, de 16 œuvres (dont plusieurs Rubens) de ses musées nationaux dont la liste est communiquée dans un article[[Voir aussi sur cette question le rapport de Pierre-Yves Kairis que nous avons publié sur ce site.

[7[[Citation extraite de la page 3 de la version pdf.

[8On relèvera aussi que les grands musées occidentaux ayant des collections africaines de plusieurs dizaines de milliers d’objets sont l’exception et non la norme.

[9A noter que les collections de ces musées camerounais comportent de nombreuses prises de guerre des temps anciens mais aussi des crânes d’ennemis, dont ceux d’Européens, décapités. J’avais déjà abordé ce point précis à l’occasion du colloque « Quel avenir pour les arts anciens d’Afrique, d’Océanie et des Amériques ? » (Paris 2018).

[10Voir ici.

[11Voir cet article].

[12À partir de 4’58”.

[14Voir cet article du Point. Très récemment, les amis français du Petit Musée de la Récade ont acheté, pour un total de 24.000€, 28 objets dahoméens que l’ambassade du Bénin en France dédaigna après avoir pourtant fait pression pour les retirer d’une vente publique, qui s’est tenue à Nantes en 2019, dans le but de les acquérir en limitant la « fièvre des enchères » !

[15L’objet, qui appartenait à des descendants du Maréchal de Bourmont, chef de l’expédition d’Alger de 1830, avait été mis en vente par la maison Osenat de Fontainebleau.

[16Des mécènes occidentaux pourraient également aider et on pense ici au pro-restitution Georges Soros, lequel est à la philanthropie du XXIème siècle ce que John D. Rockefeller, bienfaiteur de l’Université de Chicago et de la ville de Ludlow, fut à celle des XIXème-XXème siècles. On notera d’ailleurs en passant que Felwine Sarr, par un heureux hasard, est président du conseil consultatif de l’Open Society Initiative for West Africa, une des nombreuses associations de l’empire de Georges Soros.

[18Pour ce qui est de la capacité d’accueil réelle des musées béninois, le mieux est de lire l’interview faite en 2016 par Télérama] de l’artiste Romuald Hazoumé].

[19Organisme dont l’un des derniers coups d’éclat a été de faire interdire une pièce de théâtre à la Sorbonne (voir cet article de Marianne).

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