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Maurice Denis/« Delacroix est à la mode »

Auteur : Maurice Denis. Textes réunis et annotés par Thierry Laugée, Fabienne Stahl et Clémence Gaboriau

1. Maurice Denis (1870-1943)
Histoire de l’art français, 1925
Huile sur toile marouflée – 15 x 12 m
Décoration de la coupole sud-est du Petit Palais, Paris
Photo : Julien Vidal/Petit Palais/Roger-Viollet
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D’une impeccable archivistique familiale (honorer en Maurice Denis, le grand homme de la famille, lui qui savait ordonner ses papiers [1], tenir un journal [2]) à la pure et substantifique histoire de l’art – celle de la succession des styles qui régit forcément le duo Delacroix-Denis – voilà qui nous vaut présentement une impressionnante anthologie des écrits de Denis sur Delacroix, annotée de façon exemplaire, au point même que l’on peut se croire face à deux ouvrages parallèles, tant les présentateurs et commentateurs se plaisent à être informés et savants [3]… Quoi qu’il en soit, si, comme chacun sait, Delacroix tout comme Denis se livraient avec plaisir et talent à l’acte d’écrire autant qu’à leur tâche de peintre et de dessinateur, il y a de quoi rester surpris, de prime abord, par la fervente, constante admiration (elle perce au moins dès 1898 [4]) que le second éprouve pour l’art du premier, quasi une vénération davantage infusée d’esthétisme que fondée sur une approche historique. Et ce, au point de presque gommer l’ineffable romantisme siglé « 1830 » de Delacroix pour voir en lui une sorte de génie classique [5] hors du temps, supérieurement, typiquement, symboliquement français, à quoi Denis ajoute une dimension proprement chrétienne [6] qui lui est on ne peut plus chère tout comme elle l’était à son conseiller-mentor du Louvre, Paul Jamot [7].Denis pouvait-il cependant échapper à l’emprise de l’époque qui lui était sienne, en l’occurrence l’après-1918 qui culmine justement pour Delacroix dans la célébration d’un artiste français entre tous avec la décisive rétrospective Delacroix de 1930 et l’obstinée création de son musée (envisagée dès 1929) qu’accompagna et soutint résolument Denis jusqu’à sa disparition accidentelle en 1943 ?

3. Lovis Corinth (1858-1925)
Portrait de Julius Meier-Graefe (1867-1935), 1912 (ou 14 ?)
Huile sur toile – 90 x 70 cm
Paris, Musée d’Orsay
Photo : RMN-Grand Palais (musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski
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Relevons au passage l’indécent camouflet infligé au renommé Julius Meier-Graefe, parce que citoyen allemand, lors de la constitution de la Société des Amis d’Eugène Delacroix en 1929, à laquelle il avait désiré de suite adhérer, soit, qui ne le sait, l’une des plus brillants défenseurs de l’art français du XIXe moderne, impressionnistes compris, son titre de gloire sans pareil : las !, Maurice Denis avise Meier-Graefe du refus de son adhésion par le bureau de la Société dans une lettre quelque peu embarrassée que l’on eût aimée d’un ton plus chaleureux à l’égard d’un tel connaisseur [8]. Au moins ce document peu glorieux est-il honnêtement consigné dans le présent ouvrage qui s’impose sans conteste par la richesse de ses inédits et l’excellence…

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