Vermeer et la musique Contenu abonnés


Londres, The National Gallery, du 26 juin au 8 septembre 2013

JPEG - 115.2 ko
1. Johannes Vermeer (1632-1675)
La Joueuse de guitare, vers 1672
The Iveagh Bequest, Kenwood
Photo : English Heritage
Voir l'image dans sa page

Un trio de musiciennes joue à La National Gallery, pour le plaisir… des yeux. Le musée de Londres conserve en effet deux tableaux de Vermeer représentant chacun une femme devant un virginal, l’une debout éclairée par la lumière du jour (ill. 6), l’autre assise, dans un espace plus sombre (ill. 7), sans que l’on sache si le peintre les a conçus comme des pendants. Cette paire est complétée par le prêt, longue durée, de la Joueuse de Guitare (ill. 1), confiée par la Kenwood House depuis juin 2012. La National Gallery a entrepris d’emprunter alors deux autres toiles du maître, La Leçon de musique, qui provient des collections royales (ill. 8) et une autre Jeune femme assise devant un virginal, d’un format plus petit issu d’une collection privée (ill. 9). Autour de ce noyau d’œuvres, qui ont fait l’objet d’analyses scientifiques clairement expliquées au public sur de grands panneaux illustrés, le musée londonien a organisé une exposition sur le thème de la musique dans la peinture hollandaise du XVIIe siècle, en puisant dans sa propre collection un ensemble de tableaux, complété d’instruments de l’époque venus de plusieurs musées : viole, guitare, cistre, luth... et bien sûr un virginal, cet instrument à clavier et à cordes pincées, proche du clavecin, souvent sans pied, que l’on posait sur une table ; variante du virginal, le muselaar était une spécialité de l’atelier des Ruckers à Anvers, et figure dans plusieurs tableaux, orné d’un décor d’arabesques, parfois d’une imitation de marbre à l’extérieur et d’inscriptions qui peuvent être tirées des psaumes. Les plus luxueux sont décorés sur leur couvercle d’une peinture de paysage. Les visiteurs pourront aussi bénéficier de concerts de musiques du XVIIe siècle donnés dans les salles de l’exposition les jeudi, vendredi et samedi de chaque semaine. Une confrontation similaire, on s’en souvient, avait été proposée pour Watteau à Bruxelles.

JPEG - 175.4 ko
2. Jan Miense Molenaer (vers 1610-1668)
Jeune Homme et jeune femme jouant
de la musique
, vers 1630-1632
Huile sur toile - 68 x 84 cm
Londres, The National Gallery
Voir l'image dans sa page

Le parcours de l’exposition commence par rappeler la dimension allégorique et symbolique de la musique dans la peinture. Thomas Keyser représente en homme érudit Constantin Huygens, qui fut le secrétaire de trois stathouders hollandais successifs. Il est assis devant une table chargée de livres, de globes terrestre et céleste, de plans et compas ; à moitié caché, un archiluth évoque l’une de ses passions, lui qui joua, composa et collectionna instruments et partitions.
Si la musique incarne souvent l’ouïe dans une allégorie des cinq sens, elle est aussi éphémère, évanescente, à l’image de la vie, et se retrouve tout naturellement dans certaines vanités, celles de Jan Jansz. Treck ou de Harmen Steenwyck. Elle est aussi synonyme de…

Pour avoir accès à ce contenu, vous devez vous abonner à La Tribune de l’Art. Les avantages et les conditions de cet abonnement, qui vous permettra par ailleurs de soutenir La Tribune de l’Art, sont décrits sur la page d’abonnement.

Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous à l’aide de ce formulaire :





imprimer Imprimer cet article

Article précédent dans Expositions : D’une rive, l’autre

Article suivant dans Expositions : Dans l’intimité de l’atelier. Geoffroy-Dechaume (1816-1892). Sculpteur romantique