Valentin de Boulogne. Réinventer Caravage Contenu abonnés


Paris, Musée du Louvre, du 22 février au 22 mai 2017.

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1. Valentin de Boulogne (1591-1632)
Les Tricheurs, vers 1614
Huile sur toile - 94,5 x 137 cm
Dresde, Staatliche Kunstsammlungen
Photo : Didier Rykner
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Moins d’espaces (il fallait faire de la place à Vermeer…), moins de tableaux, ceux qui ont eu la chance de voir l’exposition Valentin à New York pouvaient craindre sa venue au Louvre. Fort heureusement, l’exposition reste de très haute tenue car les quelques toiles absentes ne sont pas forcément essentielles (à l’exception peut-être du Sacrifice d’Abraham de Montréal qui, malgré son mauvais état, en montre beaucoup sur la technique du peintre) tandis que trois peintures importantes qui n’étaient pas présentées aux États-Unis le sont à Paris. L’accrochage est forcément différent puisque les espaces ne sont pas les mêmes. Le tout est moins aéré, moins grandiose, mais l’artiste est tellement grand qu’il s’en sort sans dommages.

L’exposition de New York commençait avec trois toiles de peintres ayant fortement influencé Valentin lors de son arrivée à Rome. Le catalogue décrit bien comment celui-ci, dont la présence en Italie est plus précoce que ce que l’on en pensait jusqu’à présent (on savait qu’il était à Rome en 1620, sa présence est désormais certaine en 1614, et il est peut-être même arrivé dès 1609), s’est formé directement par la fréquentation des proches suiveurs de Caravage que sont Cecco del Caravaggio (aujourd’hui identifié avec Francesco Boneri), Bartolomeo Manfredi et Ribera. Cette filiation directe, mais réinterprétée avec génie, on ne la verra donc pas à Paris, si ce n’est dans le catalogue. L’un des premiers tableaux que découvre le public, Les Tricheurs de Dresde (ill. 1), permet déjà de définir le style de Valentin. Proche, bien sûr, de Caravage dont il réinterprète un tableau conservé aujourd’hui au Kimbell Art Museum de Fort Worth, mais dans des coloris plus sombres, et dans une ambiance moins théâtrale que chez son grand prédécesseur. Chez ce dernier, on ne croit pas une seconde que le joueur de cartes ignore les gestes de celui qui regarde derrière son épaule. Chez Valentin, celui-ci se cache, et le personnage trompé est tellement absorbé dans son jeu qu’il ne peut s’apercevoir de rien. La mélancolie dont on crédite généralement l’œuvre du peintre français est déjà présente dans cette toile précoce. Parmi les tableaux absents de l’étape française, plusieurs œuvres se sont révélées, à proximité des autres, d’une attribution non assurée. C’est le cas du n° 5 du catalogue, Le Martyre de saint Barthélemy que la plupart des participants à une journée d’étude au Metropolitan Museum (y compris les commissaires de l’exposition) considèrent désormais comme l’œuvre d’un autre peintre. C’est probablement aussi le cas du cat. 13, Le Retour du fils prodigue ou même - mais avec moins de certitude - de L’Assemblée de musiciens et buveurs avec une bohémienne d’Indianapolis (cat. 10), qui a fait l’objet pour l’exposition d’une restauration fondamentale mais qui reste…

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