Une tapisserie de Frida Hansen retourne en Norvège


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Frida Hansen (1855-1931)
Semper vadentes, 1905
Tapisserie - 288 x 360 cm
Stavanger Art Museum
Photo : Stavanger Art Museum

1/11/15 - Acquisition - Stavanger Art Museum - Quatre femmes richement vêtues cheminent dans un paysage onirique, parsemé de fleurs et rythmé de lignes colorées qui sont autant de sentiers possibles. Chacune suit une voie différente, incarnant un choix de vie illustré par l’objet qu’elle a dans les mains : la bourse symbolise la richesse, la bougie évoque la connaissance, les bijoux, la vanité, les fleurs, l’art. Semper Vadentes, le titre de l’oeuvre, est tiré de l’inscription latine en bas de la composition : Semper Vadentes, Semper Agentes. Semper e natu in vitam ad aeternum. Domine. C’est une marche interminable, une errance vers l’éternité.

La tapisserie fut tissée en 1905 par Frida Hansen, artiste norvégienne, qui l’exposa avec succès au Salon de Paris. Sadi Carnot l’acheta et la déposa au château de La Rochepot où elle est restée jusqu’à ce jour. Le destin de ce château reste d’ailleurs incertain comme le signale cet article du Bien public : sa propriétaire l’a mis en vente mais a judicieusement demandé son classement pour assurer sa préservation.
Elle a vendu cette tapisserie au musée de Stavanger, ville natale de Frida Hansen, dans lequel une exposition lui était justement consacrée, du 12 juin au 18 octobre 2015. La tapisserie Semper Vadentes est considérée comme l’un des chefs-d’œuvre de l’artiste dont le talent fut reconnu en France1 : elle côtoya Puvis de Chavannes et regarda les œuvres d’Eugène Grasset, Alphonse Mucha, Paul Berthon, exposa au Salon, fut membre de la la Société nationale des Beaux-Arts et reçut une médaille d’or à l’Exposition Universelle de 1900 pour une autre tapisserie intitulée la Voie lactée qui montre là encore une procession de femmes gracieuses dans une composition décorative. Elle était célèbre en Norvège bien sûr, mais aussi critiquée : on lui reprochait de ne pas exploiter les traditions norvégiennes et de ne pas participer ainsi au renforcement d’une identité nationale. Elle se laissa bien vite influencer par le japonisme et se tourna vers l’Art nouveau, accordant beaucoup d’importance à la nature conformément à la théorie de William Morris. Selon elle, la tapisserie ne devait pas être la retranscription d’une peinture, elle était un art en soi qui devait tirer parti de la technique pour obtenir ses propres effets.


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, dimanche 1er novembre 2015


Notes

1Il est fort dommage, compte tenu de son histoire, qu’elle n’ait pas été acquise par un musée français.





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