Un tableau romantique acquis par le Musée des Beaux-Arts d’Orléans


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Émile-Édouard Mouchy (1802-1859)
Mort de Thomas Becket, archevêque de Cantorbéry,
sous le règne de Henri II
, 1834
Huile sur toile - 115 x 148 cm
Orléans, Musée des Beaux-Arts
Photo : Raphaële Kriegel

16/11/15 - Acquisition - Orléans, Musée des Beaux-Arts - Les lecteurs de La Tribune de l’Art connaissent l’activité inlassable d’Olivia Voisin, qui est encore pour quelques jours conservatrice au Musée de Picardie à Amiens. Acquisitions, restaurations, expositions, elle a contribué à réveiller cet établissement dont on espère qu’il sera toujours aussi dynamique après son départ.

Alors qu’elle n’est même pas encore arrivée à la tête des Musées d’Orléans où elle ne prendra son poste qu’en décembre (voir la brève du 11/9/15), elle a déjà réussi à faire acheter en octobre un tableau par la ville ! Il faut saluer ici l’intérêt que la mairie semble prête désormais à accorder à son Musée des Beaux-Arts alors que nous regrettions naguère qu’elle le néglige un peu trop.
Un beau tableau romantique, qui complètera parfaitement des collections riches en ce domaine autour du fond Léon Cogniet, a donc été acquis auprès de la galerie Arsinopia1. Il s’agit d’une œuvre d’un peintre très méconnu, Émile-Édouard Mouchy, né en 1802 et que le Bénézit fait mourir à tort en 1870 alors qu’il disparaît en 18592. Elle représente L’Assassinat de Thomas Becket et a été exposée au Salon de 1834.
Le sujet, un meurtre dans une cathédrale, est propre par sa violence et son caractère historique à inspirer un jeune peintre actif au début des années 1830. On pourra, par exemple, comparer ce tableau à Scène de la Saint-Barthélémy présenté au Salon par Joseph-Nicolas Robert-Fleury un an plus tôt, en 1833. Une toile comme celle-ci témoigne de la qualité de peintre de Mouchy, élève de Guérin, qui n’a pourtant pas bénéficié de la même célébrité posthume que Robert-Fleury ou Tony Johannot. Olivia Voisin explique cela par l’absence de lithographies d’après ses œuvres.

Les œuvres de cet artiste semblent rares dans les collections publiques françaises. Les deux seuls tableaux que l’on trouve sur les bases du ministère de la Culture sont : un Christ en croix de 1824 conservé à l’Hôtel-Dieu de Beaune et, dans la collégiale de cette même ville, un Atelier de Nazareth, peint trente ans plus tard en 1854.


Didier Rykner, lundi 16 novembre 2015


Notes

1Le tableau est actuellement présenté à la galerie Chaptal, qui vient d’ouvrir dans la rue éponyme, et dont nous parlerons dans une brève qui devrait être publiée demain.

2Cette information a été trouvée par Olivia Voisin qui a retrouvé son acte de décès.





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