Un tableau de Guy François préempté par le Musée Crozatier


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Guy François (vers 1578-1650)
Vierge à l’enfant avec Sainte Anne
Huile sur panneau - 25,5 x 20,5 cm
Le Puy-en-Velay, Musée Crozatier
Photo : Artcurial

20/11/14 - Acquisition - Le Puy en Velay, Musée Crozatier - Natif du Puy-en-Velay, Guy François (vers 1578-1650) mena une grande partie de sa carrière en Auvergne, réalisant nombre de peintures religieuses comme la Crucifixion de l’église du Collège des Jésuites au Puy. On sait qu’il entreprit aussi un voyage en Italie, sa présence étant signalée en 1608 à Rome où il devint membre de l’Académie de Saint Luc et fut un suiveur de Carlo Saraceni avec qui on le confond parfois ; l’attribution de certains tableaux fait d’ailleurs toujours débats. On sait peu de choses sur ce séjour italien ; Bruno Saunier1 suggère qu’il passa à Bologne avant d’arriver à Rome. Quoi qu’il en soit, il était de retour dans son pays natal en 1614 et probablement dès 1613.

Le Musée Crozatier, qui lui avait consacré une exposition en 1974 et conserve un certain nombre de ses œuvres, a préempté pour 9 100 euros (frais compris) une Vierge à l’enfant avec sainte Anne lors de la vente Artcurial organisée à Paris le 18 novembre dernier. Jésus sur les genoux de sa mère s’apprête à saisir la pomme du péché que lui tend sainte Anne. La scène est surplombée par la colombe du Saint Esprit. Les personnages semblent disposés sur une estrade et se détachent sur un fond sombre et neutre qui contraste avec la clarté de la scène. L’artiste s’inspire ici des modèles de Saraceni à qui l’on doit par exemple une Vierge à l’enfant avec sainte Anne conservée à la Galleria Nazionale d’Arte Antica de Rome. L’œuvre est en outre comparable à un autre tableau de Guy François, de dimensions similaires, illustrant la Vierge avec l’Enfant Jésus et saint Antoine de Padoue. Ces deux peintures étaient probablement destinées à la dévotion privée.
Si l’on attribue à Guy François essentiellement des tableaux religieux, une série de « Femmes fortes »2 conservée dans une propriété de la Haute-Loire témoigne de son activité dans le domaine de la peinture profane.


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, jeudi 20 novembre 2014


Notes

1Bruno Saunier, « Guy François, "imitateur" de Carlo Saraceni ? », in Bulletin de l’Association des Historiens de l’Art italien, n° 15-16, 2009-2010, p. 119

2Marie-Félicie Perez, Bruno Saunier « Une série des femmes illustres ou femmes fortes par Guy François (1578 ?-1650) », dans In Situ, revue des patrimoines, 2009, n°10, .





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