Un portrait de Giuseppe Bonito pour le Prado


JPEG - 39 ko
Giuseppe Bonito (1707-1789)
Portrait de Leopoldo de Gregorio, Marqués de Esquilache
Huile sur toile - 128 × 102,5 cm
Madrid, Museo del Prado
Photo : Museo del Prado

19/5/14 - Acquisition - Madrid, Museo del Prado - Adjugé 37 500 euros lors d’une vente chez Goya Subastas le 28 janvier 2014 à Madrid, le Portrait de Leopoldo de Gregorio, Marqués de Esquilache par Giuseppe Bonito a été acquis par l’État espagnol et a rejoint les collections du Prado.
Le marquis d’Esquilache était lié à Charles VII de Naples (qui régna de 1734 à 1759), également roi de Sicile (de 1735 à 1759) et futur Charles III d’Espagne, qui lui confia l’administration des douanes en 1748, puis la tâche de secrétaire des Finances du royaume de Naples en 1753, avant de le nommer marquis d’Esquilache en 1755. Lorsque Charles de Bourbon monta sur le trône d’Espagne en 1759, Esquilache le suivit à Madrid et devint surintendant général des Finances en 1759, puis secrétaire à la Guerre en 1763 et conseiller d’État en 1764. Il entreprit de réformer le pays, mais c’était compter sans la résistance hostile de la cour, de l’Église et du peuple espagnol qui voyaient d’un mauvais œil les changements proposés par un étranger, au point qu’il dut quitter le pays et finit ambassadeur d’Espagne à Venise.

Il est ici représenté assis devant une table, de trois-quart, les jambes croisées, vêtu d’un habit brodé d’or, le poing gauche sur la hanche, une canne dans la main droite. La pose lui donne à la fois un naturel relatif et une prestance certaine, renforcée par la draperie de velours à l’arrière-plan. Son visage n’est guère idéalisé avec son nez marqué et ses yeux fatigués.
Disciple de Francesco Solimena, Giuseppe Bonito fut introduit auprès des Bourbons par leur secrétaire d’État à Naples, le marquis José Joaquín de Montealegre, duc de Salas. Il fut le portraitiste de la cour sous le règne de Charles VII de Naples, puis de son fils Ferdinand IV. En devenant roi d’Espagne, Charles III céda en effet les royaumes de Naples et de Sicile en 1759 à son troisième fils. L’artiste peignit le portrait de Charles et de Maria-Amalia en 1744 conservés tous les deux au Prado, puis les portraits des neuf princes. Les qualités de portraitiste de Bonito - également peintre d’histoire et de scènes de genre - furent reconnues par le roi qui le nomma en 1751 « pintor de Cámara », peintre de la chambre royale.

English version


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, lundi 19 mai 2014





imprimer Imprimer cet article

Article précédent dans Brèves : Un relief de Louis Le Conte acquis par le Louvre

Article suivant dans Brèves : Genève achète un Panorama des Alpes de Gustave Courbet