Restauration de deux tableaux par Delaroche et Schnetz, grâce au mécénat de galeries


15/7/15 - Restaurations et mécénat - Paris, Petit Palais et Musée des Arts Décoratifs - La baisse des crédits qui touche la plupart des musées (et singulièrement les musées parisiens) rend de plus en plus nécessaire le recours au mécénat. Alors que celui-ci était à l’origine prévu pour augmenter les ressources, il remplace désormais souvent le financement public.


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1. Paul Delaroche (1797-1856)
Les Vainqueurs de la Bastille devant
l’Hôtel de Ville le 14 juillet 1789
, 1831-1839
Huile sur toile - 400 x 438 cm
Paris, Petit Palais, Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris
Photo : Petit Palais/Roger Viollet
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2. Jean-Victor Schnetz (1787-1870)
Combat devant l’Hôtel de Ville, 28 juillet 1830, 1833
Huile sur toile - 400 x 400 cm
Paris, Petit Palais, Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris
Photo : Petit Palais/Roger Viollet

C’est ainsi que le Musée du Petit Palais, particulièrement actif (nous en reparlerons bientôt), a pu faire restaurer deux très grands tableaux d’histoire, qui étaient depuis très longtemps roulés en réserves et qui seront raccrochés en août sur ses murs et officiellement présentés le 19 septembre lors des Journées du Patrimoine.
Ces deux toiles, dues respectivement à Paul Delaroche (ill. 1) et à Jean-Victor Schnetz (ill. 2), ont été commandées à ces artistes pour le décor de l’Hôtel de Ville, peu après la Révolution de 1830.

La restauration de la première toile, celle de Paul Delaroche, a été financée par la galerie Philippe Mendes (pour 12 000 €) qui n’en est pas à son coup d’essai. L’année dernière, elle avait mécéné, au Musée de Picardie à Amiens, celle d’un tableau romantique par Louis-Édouard Rioult, Épisode du Roland amoureux de Boiardo (voir l’article du 7/3/14). Le galeriste s’est donné pour objectif de prendre en charge une restauration par an, et celle de l’année prochaine, qui n’a pas encore été rendue publique, concernera cette fois un tableau ancien d’un musée de province.
Le tableau de Delaroche était roulé depuis 1999. Il faudra qu’un jour on arrête de rouler les tableaux dans les musées : même exécuté soigneusement, cette opération présente un risque pour les œuvres, le premier étant qu’on les oublie dans les réserves. Le rapport des restaurateurs montre d’ailleurs que cette opération n’a pas été sans dommage, même s’ils sont restés limités. Les opérations ont consisté essentiellement à consolider certaines zones fragilisées (notamment en raison de déchirures anciennes), à mettre l’œuvre sur châssis, à dépoussiérer et à décrasser la surface, à faire les retouches nécessaires puis à appliquer un nouveau vernis1.

Sans doute l’exemple donné par Philippe Mendes a-t-il donné des idées à d’autres marchands. Toujours est-il que le Carré Rive Gauche, qui regroupe de nombreux antiquaires, a annoncé la création d’un fonds de dotation dont l’objet (ou plutôt les objets) sont les suivants : « soutenir financièrement des restaurations d’œuvres d’art, la scénographie d’une collection muséale non exposée au public, l’organisation d’expositions ou de publications dans les domaines du design et des métiers d’art made in France tels que la peinture, la sculpture, la photographie, l’ébénisterie ou encore la tapisserie ».
La première action concrète a donc consisté à donner 10 000 € pour la restauration du tableau de Jean-Victor Schnetz du Petit Palais, qui constitue une sorte de pendant du Paul Delaroche. Là encore, l’œuvre avait subi des déformations à la suite du roulage. Néanmoins, comme pour le premier tableau, l’état n’était pas trop mauvais, et les opérations de restauration ont été comparables2.


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3. Raymond Subes (1891-1970)
Paravent, 1934
Fer forgé poli avec parties polies - 180 x 200 cm
Paris, Musée des Art Décoratifs
Photo : Musée des Arts Décoratifs

Une autre œuvre d’art a pu bénéficier de ce mécénat puisqu’un paravent à quatre feuilles en fer forgé de Raymond Subes, réalisé vers 1934 dans les Ateliers Borderel et Robert à Paris, a été restauré grâce à un don de 5 000 €. Cette œuvre avait été présentée dans le hall d’entrée du Foyer de la famille française dans le Palais de la France à l’Exposition universelle et internationale de Bruxelles en 1935.
Tout comme les deux toiles du Petit Palais, ce paravent restauré sera officiellement présenté au public le 19 septembre à l’occasion des Journées Européennes du patrimoine.


Didier Rykner, mercredi 15 juillet 2015


Notes

1Cinq restaurateurs ont travaillé sur le tableau : Christian Vibert et Cécile Bringuier pour le support, Séverine Françoise, Laetitia Desvois, Géraldine Fray et à nouveau Cécile Bringuier pour la couche picturale.

2L’équipe de restaurateurs était composée de Jean-François Hulot, Amalia Ramanankirahina, Cécile Gouton et Cécile des Cloizeaux.





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