Deux dessins par Delaroche et Flandrin pour le Musée des Beaux-Arts de Lyon


13/1/16 - Acquisitions - Lyon, Musée des Beaux-Arts - Le musée lyonnais a acquis deux dessins de la première moitié du XIXe siècle que la galerie La Nouvelle Athènes présentait lors de sa récente exposition de novembre.


JPEG - 160.6 ko
1. Paul Delaroche (1797-1856)
La Mort d’Élisabeth Ire, vers 1824
Aquarelle et crayon - 34 x 27,5 cm
Lyon, Musée des Beaux-Arts
Photo : Galerie La Nouvelle Athènes
JPEG - 67.1 ko
2. Paul Delaroche (1797-1856)
La Mort d’Élisabeth Ire
Huile sur toile - 422 x 343 cm
Paris, Musée du Louvre
Photo : RMN/GP-G. Blot

Le premier est une belle étude à l’aquarelle et au crayon de Paul Delaroche (ill. 1), préparatoire à un tableau conservé au Louvre La Mort d’Élisabeth Ire (ill. 2).
L’œuvre définitive fut présentée au Salon de 1828, où elle reçut un accueil très favorable. Delaroche y traite un épisode de l’histoire anglaise où il a puisé le sujet de quelques-unes de ses peintures les plus célèbres (Les Enfants d’Édouard, L’exécution de Jane Grey...). Le dessin acquis par Lyon ne présente que très peu de différences avec ce tableau. Si la partie droite est en grande partie aquarellée (on y distingue le décor beaucoup mieux que dans le tableau où cette partie s’est beaucoup assombrie), toute la moitié gauche est uniquement dessinée au crayon.


JPEG - 179.1 ko
3. Hippolyte Flandrin (1809-1864)
Pietà, vers 1842
Pierre noire - 25 x 37 cm
Lyon, Musée des Beaux-Arts
Photo : Galerie La Nouvelle Athènes
JPEG - 107.6 ko
4. Hippolyte Flandrin (1809-1864)
Pietà, 1842
Huile sur toile - 172 x 258 cm
Lyon, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée des Beaux-Arts de Lyon

L’autre feuille est un croquis (ill. 3), mais d’une grande importance pour la genèse d’un des chefs-d’œuvre d’Hippolyte Flandrin, la Pietà de 1842 (ill. 4) conservée au Musée des Beaux-Arts de Lyon. En peignant ce Christ mort, c’est en réalité la disparition de son frère aîné Auguste qu’Hippolyte veut représenter. Celui-ci, disparu prématurément à 38 ans, était peintre comme Hippolyte et Paul, et les trois frères étaient très liés. On connaît d’Auguste surtout des portraits, peints et dessinés.
On suit, avec ce dessin préparatoire, l’élaboration de l’œuvre. On voit ici la Vierge tenir sur ses genoux la tête de son fils mort, tandis que deux autres figures (les saintes femmes, mais on peut aussi imaginer qu’Hippolyte voulut aussi symboliser sa présence et celle de son autre frère Paul) sont debout au pied du Christ. À droite de la feuille, en revanche, la composition du tableau définitif est déjà trouvée : Marie est seule, représentée comme une silhouette noire entièrement voilée agenouillée à côté du corps du Christ.


JPEG - 298.7 ko
5. Sylvie Ramond, directrice du musée et
Stéphane Paccoud, conservateur en charge du XIXe siècle
présentant le tableau de Claudius Jacquand
Photo : Didier Rykner
JPEG - 340.7 ko
6. Quelques-uns des 58 souscripteurs du tableau de
Claudius Jacquand au Musée des Beaux-Arts de Lyon
devant l’œuvre nouvellement accrochée
Photo : Didier Rykner

Ces deux dessins viennent rejoindre dans les collections du musée le tableau de Claudius Jacquand récemment acquis grâce à une souscription spontanée à Paris Tableau (voir la brève du 10/11/15). Une vingtaine des 58 donateurs était présents hier à l’invitation du musée pour voir cette œuvre nouvellement accrochée (ill. 5).


Didier Rykner, mercredi 13 janvier 2016





imprimer Imprimer cet article

Article précédent dans Brèves : Une plaque de Wedgwood pour le musée de Houston

Article suivant dans Brèves : Une aquarelle d’Ary Scheffer pour le Musée de la Vie Romantique