Préemption d’un portrait par Antoine Callet pour Versailles


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Antoine-François Callet (1741-1823)
Charles Gravier, comte de Vergennes, 1781
Huile sur toile - 159 x 129 cm
Versailles, Musée et domaine national du château
Photo : Rouillac

15/6/16 - Acquisition - Versailles, Musée et domaine national du château - Voilà une acquisition qui, au moins, ne sera pas discutée. Le Château de Versailles a préempté, lors de la vente Rouillac du 13 juin à Montbazon, le portrait, par Antoine-François Callet, de Charles Gravier, comte de Vergennes. Le tableau était resté dans la famille jusqu’à aujourd’hui, il a été adjugé 100 000 euros.

Antoine-François Callet fut un portraitiste renommé, peintre officiel de Louis XVI ; il réalisa aussi des décors, comme la coupole visible dans les salles d’objets d’art du Louvre récemment rouvertes (voir l’article). Il obtint le Grand Prix de Rome en 1764 avec Cléobis et Biton, proposa pour morceau d’agrément à l’Académie Jupiter et Cérès, tableau reparu en 2008 (voir la brève du 21/7/08), puis Le Printemps qui figure dans la Galerie d’Apollon fut son morceau de réception.

Dans ce portrait, le comte est présenté assis à son bureau, son siège tourné face au spectateur. Il tient dans la main droite une lettre et regarde vers la gauche. Élégamment habillé il porte le cordon et la croix de l’ordre du Saint-Esprit. Le décor est monumental, l’arrière-plan animé par un drapé vert qui tombe devant une colonne. Au fond se dresse une sculpture, c’est la Prudence, reconnaissable à son miroir et au serpent enroulé autour de son bras. Sans doute fait-elle référence aux qualités du modèle qui mena une brillante carrière de ministre et d’ambassadeur.
Le comte de Vergennes fut en effet envoyé à Constantinople en 1755, d’abord en tant que ministre plénipotentiaire, puis en tant qu’ambassadeur, œuvrant à la neutralité de la Sublime Porte. En 1771, il fut nommé ambassadeur à Stockholm où il sut contrer les ambitions russes et gagner la confiance du roi Gustave III. Il devint Secrétaire des Affaires étrangères à l’avènement de Louis XVI, et négocia avec Benjamin Franklin le traité franco-américain d’amitié et de commerce en 1778. Plusieurs portraits de lui sont connus, par Gustaf Lundberg et par Antoine Favray qui le montre en costume turc en 1766. Collet quant à lui en réalisa plusieurs, celui-ci vient en rejoindre un autre portrait, de format ovale dans les collections de Versailles.
Une version plus petite et moins achevée de ce portrait, sans doute une esquisse préparatoire, est passée en vente chez Bonham en 2007. Le Château de Versailles conserve par ailleurs un portrait ovale également peint par Callet montrant le comte à un âge similaire et vêtu d’un habit comparable.


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, mercredi 15 juin 2016





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