Préemption d’un portrait de Duplessis par Versailles


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Joseph-Siffred Duplessis (1725 – 1802)
Portrait de Christoph Willibald, chevalier von Glück, 1775
Huile sur toile - 101 x 85 cm
Préempté par le château de Versailles
Photo : Sotheby’s

17/6/15 - Acquisition - Versailles, Musée national du château - Aujourd’hui, lors de la vente organisée par Sotheby’s à Paris, le château de Versailles a préempté un portrait de Glück par Duplessis pour 99 000 euros (avec les frais). Il s’agit d’une réplique autographe - l’atelier a probablement participé ponctuellement comme le suggèrent quelques détails plus faibles, le fauteuil, ou le motif des oves - du tableau aujourd’hui conservé au Kunsthistorisches Museum de Vienne. Le compositeur allemand est présenté en buste, de trois quarts, assis devant une épinette. Il semble saisi sur le vif, en pleine inspiration, la main gauche suspendue au-dessus de l’instrument, les yeux au ciel, les lèvres entrouvertes, version masculine (un peu bouffie) de sainte Cécile. Le peintre détaille avec talent la soie du vêtement, les reflets de la matière et les plis multiples, tandis que les froufrous de la chemise blanche mettent en valeur la main du musicien présentée en raccourci. Il n’a pas cherché à idéaliser le visage du modèle, un peu rougeaud, il représente ici moins un gentilhomme élégant qu’un artiste en train de créer. A la même époque, entre 1774 et 1775, le portrait de Glück fut aussi modelé par Antoine Houdon. Il faut dire que le compositeur allemand faisait grand « bruit » à Paris, où il avait donné en 1774 Iphigénie en Aulide et voulait réformer l’opéra, alors dominé par les Italiens, provoquant la querelle des Gluckistes et des Piccinistes.

Ce tableau inspira d’autres peintres pour les portraits d’autres compositeurs : Vigée Le Brun par exemple, le cite explicitement dans son portrait de Giovanni Paisiello en 1791 (Versailles), Antoine Vestier inversa la composition lorsqu’il peignit François-Joseph Gossec (1791). Le portrait fut en outre reproduit pour une commande privée.
Duplessis, cette même année peignit un portrait bien différent, celui du jeune roi Louis XVI.


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, mercredi 17 juin 2015





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