Nomination de deux « commissaires à la circulation des œuvres »


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Vue extérieure du Centre Pompidou Mobile
Cambrai, mars 2011
Photo : Didier Rykner
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16/4/18 - Musées - Circulation des œuvres - Françoise Nyssen remplace l’efficacité par la vitesse. À peine annoncée son intention de mettre en place un plan d’« itinérance » des œuvres « iconiques » des collections nationales dans les « zones blanches » (on appréciera le vocabulaire ministrériel), pour lequel elle annonçait la nomination d’un « commissaire général de circulation des œuvres » (voir notre article), ce n’est finalement pas un « commissaire », mais deux qui sont nommés, un homme et une femme - parité oblige - qui sont, heureusement, deux conservateurs que d’ailleurs nous connaissons fort bien puisqu’il s’agit de Sylvain Amic, directeurs des Musées de Rouen, et Olivia Voisin, directrice des Musées d’Orléans. Nous avions reçu à notre micro Olivia Voisin alors qu’elle était encore conservateur à Amiens (écouter l’émission) et Sylvain Amic à deux reprises, le 24 avril 2014 (écouter ici) et le 19 juin 2017 pour débattre, avec Jacqueline Eidelman, du rapport sur les musées du XXIe siècle (écouter l’émission). Et l’année dernière, au Festival de l’histoire de l’art, nous avions animé un débat sur « les musées et les collectivités : enjeux et avenir » auxquels participaient les deux nouveaux « commissaires ».

S’agissant de conservateurs, on peut espérer qu’ils auront des propositions un peu plus intelligentes que celle d’envoyer les chefs-d’œuvre des musées parisiens dans des « lieux non muséaux ». On ne cachera pas que la conception du musée du XXIe siècle de Sylvain Amic n’est pas totalement en phase avec la nôtre, mais il faut faire confiance à sa conscience professionnelle pour éviter que des dérives inacceptables ne soient proposées au ministère. Un sujet revient fréquemment au concours des conservateurs, qui porte sur les demandes inacceptables des politiques mettant en cause la conservation des œuvres. Inutile de dire que la bonne réponse n’est pas : « je fais tout ce qu’on me demande »...

Les problèmes sont évidemment ailleurs (insuffisance des budgets consacrés au patrimoine, baisse des crédits d’acquisition qui laisse des chefs-d’œuvre sortir de France plutôt que de les acquérir pour les musées français en région, nombreuses œuvres majeures en réserve, collections parfois laissées en complète déshérence, etc.) Il y a beaucoup à faire, et heureusement les deux commissaires semblent avoir une grande liberté dans leurs propositions sans pression indue du ministère. Souhaitons que d’un mal initial puisse surgir un bien. Nous attendrons les propositions pour en juger.


Didier Rykner, lundi 16 avril 2018





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