Malmaison acquiert deux pots-pourris


11/4/14 - Acquisitions - Musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau - « Ils surpassent par la beauté du travail tout ce que l’on a encore vu en ce genre »1 et c’est heureux, car ces deux vases sont un cadeau diplomatique offert par Louise de Prusse à l’impératrice Joséphine, marquant une volonté de rapprochement entre les deux pays. L’engagement de la Prusse représentait alors un enjeu diplomatique entre la France et la Russie ; Napoléon et Frédéric-Guillaume III signèrent finalement le traité de Schönbrunn le 15 décembre 1805 après la victoire d’Austerlitz.


JPEG - 50.3 ko
Vase pot-pourri, vers 1803-1804
Manufacture royale de Berlin
Porcelaine, bronze doré - H. 50 cm, D. 22,3 cm
Rueil-Malmaison, Musée national des châteaux
de Malmaison et Bois-Préau
Photo : Malmaison
JPEG - 244.6 ko
Vase pot-pourri, vers 1803-1804
Manufacture royale de Berlin
Porcelaine, bronze doré - H. 50 cm, D. 22,3 cm
Rueil-Malmaison, Musée national des châteaux
de Malmaison et Bois-Préau
Photo : Dorotheum

Comme le suggère leur couvercle ajouré en bronze doré, ces deux vases en porcelaine sont en réalité des pots-pourris. La commande fut passée en 1803 - il s’agissait pour la Manufacture royale de Berlin de rivaliser avec Sèvres - et les pièces furent offertes en 1805, suscitant l’admiration des visiteurs de Malmaison où ils trônaient dans le Salon de musique. Leur décor décline des vues du château et témoigne des aménagements entrepris par Joséphine à cette époque dans le parc : Jean-Marie Morel notamment, qui succéda à Percier et Fontaine, avait entrepris la construction d’un chalet suisse en 1802, de trois maisons au bord de l’étang de Saint-Cucufa en 1804, qui servirent de vacherie, de laiterie et de maison du pâtre. Enfin une serre chaude fut achevée en 1805 par Thibault et Vignon. On aperçoit aussi une volière le long de la rivière.
Les dessins conservés dans les archives de la manufacture de Berlin sont peut-être dus à l’architecte David Gilly (1748-1808) qui collabora avec la manufacture et voyagea à Paris en 1803-1804.
On croyait ces pots-pourris perdus, ils ont reparu dans une vente Dorotheum du 13 octobre en 2011, adjugés 455 800 euros au profit de la galerie Neuse de Brême, qui remporta les enchères contre le musée. Actuellement visibles dans l’exposition « Joséphine »2 ils ont finalement été acquis tout récemment par la Malmaison grâce au mécénat d’Axa avec une valeur d’achat fixée à 790 000 euros.

English version


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, vendredi 11 avril 2014


Notes

1Journal des Débats du 23 ventôse an XIII (14 mars 1805), cité dans le catalogue de l’exposition « Joséphine » p. 158.

2« Joséphine », Paris, Musée du Luxembourg, du 12 mars au 29 juin 2014.





imprimer Imprimer cet article

Article précédent dans Brèves : Pauline Viardot en sainte Cécile d’Ary Scheffer préempté par le Musée de la Vie Romantique

Article suivant dans Brèves : Sébastien Allard nommé directeur du département des peintures