Lyon et l’art moderne de Bonnard à Signac 1920-1942


Villefranche-sur-Saône, Musée Paul Dini, du 14 octobre 2012 au 10 février 2013.

Les Ziniars sont des ignares - assumés, revendiqués - qui réfutent l’enseignement académique. Ce groupe de peintres et de sculpteurs se forma à Lyon en 1920 avec en ligne de mire la modernité. Ses membres, Pierre Combet-Descombes, Émile Didier, Adrien Bas, Claude Dalbanne, Jacques Laplace, Étienne Morillon, Antonin Ponchon ou encore le sculpteur Marcel Gimond, exposèrent leurs œuvres à la galerie Saint-Pierre, dialoguant avec les toiles d’André Derain et de Fernand Léger la première année, puis celles de Modigliani et d’Othon Friesz, de Matisse enfin.


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1. Antonin Ponchon (1885-1965)
La Saône à Saint-Jean, ancienne passerelle, vers 1928-1930
Huile sur toile - 81 x 116 cm
Villefranche-sur-Saône, Musée Paul Dini
Photo : Musée Paul Dini
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2. Albert Marquet (1875-1947)
La Seine à Grenelle, 1922
Huile sur toile - 65 x 81 cm
Besançon, Musée
Photo : Musée Paul Dini

La dislocation du groupe dès 1924 donna naissance à l’Union régionale des arts plastiques l’année suivante, qui avait pour mission de défendre les intérêts de ses membres, chantres de la modernité, quoique peu enclins à abandonner la figuration. L’URAP fut elle-même à l’origine du Salon du Sud-Est, d’abord présidé par Charles Sénard puis Pierre Combet-Descombes, qui fut créé en opposition au Salon d’Automne (Lyon).

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3. Louis Carrand (1821-1899)
L’Atelier du château de Richoud, vers 1880-1892
Huile sur toile - 54 x 65 cm
Villefranche-sur-Saône, Musée Paul Dini
Photo : Musée Paul Dini

Derrière ces peintres et sculpteurs se trouvaient des mécènes et plus particulièrement Marius Mermillon et George Besson ; c’est bien connu, l’alcool et le tabac viennent au secours de l’art et ces deux hommes étaient respectivement négociant en vin à Lyon et marchand de pipes à Paris ; ils étaient surtout des collectionneurs avisés et des critiques d’art réputés qui se rencontrèrent par l’intermédiaire de l’écrivain Henri Béraud, lui-même auteur de L’École moderne de peinture lyonnaise (1912).

C’est le don des archives Mermillon fait au Musée Paul Dini qui a encouragé sa conservatrice Sylvie Carlier à organiser une exposition afin d’étudier la place de Lyon sur la scène de l’art moderne entre les deux-guerres. 280 œuvres et documents rendent compte de ce réseau d’artistes et d’amateurs d’art, de galeries et de revues qui participèrent à cette émulation artistique de la ville dans les années 1920-1942, sous le mandat municipal Édouard Herriot (1905-1957). L’exposition met ainsi en valeur le talent de certains peintres et sculpteurs souffrant de l’étiquette d’artiste « provincial », qui soutiennent pourtant la confrontation avec des maîtres plus reconnus. Le catalogue publié à cette occasion, faute de moyens financiers hélas, ne reproduit pas toutes les œuvres exposées, qui sont malgré tout signalées à la fin de l’ouvrage ; il ne comporte pas non plus de notices détaillées, mais des repères biographiques présentent les grandes figures de l’époque, tandis qu’un essai de Lucie Goujard met en exergue les…

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